Economie - La croissance repart aux Etats-Unis
Publié

EconomieLa croissance repart aux Etats-Unis

Les Etats-Unis commencent à se relever de la crise économique liée à la pandémie.

A New York. Photo d’illustration. 

A New York. Photo d’illustration.

Getty Images via AFP

Les Etats-Unis ont commencé à se relever de la crise économique liée au Covid-19, et la croissance du PIB au premier trimestre, tirée par les plans de relance du gouvernement et par la vaccination, n’est qu’un avant-goût de ce que devrait être le reste de l’année. Le Produit intérieur brut a enregistré une hausse de 6,4% en rythme annualisé entre janvier et mars, grâce notamment au bond des achats effectués par les consommateurs, selon la première estimation du département du Commerce américain publiée jeudi.

C’est plus que les 4,3% du quatrième trimestre 2020. En excluant le bond exceptionnel de 33,4% au deuxième trimestre 2020, il s’agit même de la plus forte croissance trimestrielle depuis juillet 2003. «La croissance du PIB au premier trimestre reflète la poursuite de la reprise économique, la réouverture d’établissements et la réponse du gouvernement à la pandémie du Covid-19», détaille le département du Commerce dans son communiqué.

L’hiver est passé

Entre janvier et mars en effet, les ménages et les entreprises ont reçu des aides financières versées dans le cadre de deux plans de relance, l’un adopté à la toute fin du mois de décembre, l’autre voté début mars. Cela a permis de traverser l’hiver malgré la hausse des cas de contamination au Covid-19, qui avaient de nouveau perturbé l’activité économique. Et la campagne de vaccination, menée tambour battant avec désormais près d’un tiers de la population entièrement vaccinée, mène également la reprise.

Cette croissance n’a toutefois pas encore tout à fait permis à la première économie du monde de retrouver son niveau de PIB pré-pandémique. «Début 2021, l’économie américaine a bénéficié d’un cocktail solide d’amélioration des conditions de santé et de vaccinations rapides, ainsi que d’une dose pétillante de relance budgétaire et d’un flux constant de soutien de la politique monétaire», a commenté Gregory Daco, analyste pour Oxford Economics, dans une note.

Plans d’investissement

Et le meilleur reste à venir, prévient-il: «en 2021, l’économie américaine devrait croître d’environ 7,5% – sa meilleure performance depuis 1951 – avec des dépenses de consommation augmentant de plus de 9%, un record». Pour assurer la croissance et l’emploi, l’administration Biden compte sur des plans d’investissement colossaux, que le président américain a détaillés mercredi soir: un «projet pour les familles américaines» de 1800 milliards de dollars sur 10 ans, et un large plan d’investissements dans les infrastructures de 2000 milliards de dollars. Il leur faudra cependant être adoptés par le Congrès, ce qui est loin d’être gagné.

Les Etats-Unis privilégient la croissance du PIB en rythme annualisé, qui compare au trimestre précédent puis projette l’évolution sur l’année entière à ce rythme. Cela permet d’anticiper la croissance annuelle si le rythme se maintenait. Mais d’autres économies avancées utilisent la comparaison d’un trimestre sur l’autre. La hausse du PIB est alors, avec cette mesure, de 1,6% pour les Etats-Unis et de 0,6% pour la Chine. Celui de la France, qui sera publié, est attendu à 1%.

Les prix grimpent

Les prix à la consommation ont déjà commencé à grimper, l’inflation s’accélérant à 3,5% sur un an au 1er trimestre, contre 1,5% au quatrième trimestre 2020, selon l’indice PCE. C’est bien plus que l’objectif de 2% que cible la Banque centrale américaine, la Fed. Celle-ci a cependant averti mercredi qu’il lui en faudrait plus pour resserrer sa politique monétaire, aujourd’hui très accommodante, afin de continuer à soutenir l’économie.

La Réserve fédérale veut en effet atteindre un niveau d’emploi maximal et inclusif, et voir l’inflation dépasser pendant un temps la cible de 2% par an, puis se stabiliser autour de cet objectif. Or, les Etats-Unis sont «encore loin du plein emploi», a averti son président Jerome Powell, précisant qu’il manque encore 8,4 millions d’emplois, dont 3 millions dans les bars et restaurants.

(AFP)

Ton opinion