Baisse des taux: «La croissance sera négative sur l'année 2009 tout entière»

Actualisé

Baisse des taux«La croissance sera négative sur l'année 2009 tout entière»

En baissant une nouvelle fois ses taux, la Banque nationale suisse (BNS) décide «une politique monétaire résolument expansive», a expliqué Jean-Pierre Roth, président de la direction.

La banque centrale table désormais sur une croissance négative durant toute l'année 2009. Elle revoit aussi ses prévisions sur l'inflation à la baisse.

«Nous savons désormais que l'activité économique se repliera simultanément aux Etats-Unis et en Europe, et elle va ralentir sensiblement dans les pays émergents», a déclaré Jean-Pierre Roth jeudi devant les médias à Zurich. «Parler de récession ou non dépend de la définition utilisée et relève donc de la sémantique, a- t-il ajouté.

En septembre, la BNS tablait encore sur une croissance positive du PIB pour l'ensemble de 2009. Désormais, «nous prévoyons que la croissance sera négative non seulement aux deux premiers trimestres, mais aussi pour la moyenne de l'année 2009 tout entière», a annoncé Jean-Pierre Roth.

La BNS prévoit un repli du PIB réel d'entre 0,5% et 1%. Seule la consommation pourrait se maintenir.

La consommation devrait en effet rester soutenue par la diminution «inattendue» de l'inflation - qui était de 3,1% en juillet. La baisse est due au renversement de deux facteurs décisifs, explique la BNS: le prix du pétrole, qui s'est effondré, et la recrudescence du chômage, qui va modérer les prix et les salaires.

La BNS a donc procédé à une correction de ses prévisions sur l'inflation. Celle-ci devrait diminuer de façon continue en 2009. Après un petit sursaut fin 2009, elle devrait se situer aux alentours de 0,5% en 2010. La baisse continue en 2009 va contribuer à une hausse des revenus réels, selon Jean-Pierre Roth. L'inflation devrait augmenter ensuite légèrement en 2011.

La BNS a en outre analysé la situation sur le marché du crédit. Selon ses enquêtes régulières auprès de vingt principales banques du pays, aucune restriction des conditions de crédit n'a été annoncée au troisième trimestre. Seuls 15% des instituts admettent un léger resserrement de leurs pratiques.

«Il n'y a pas lieu, pour le moment, de parler d'un resserrement de l'octroi des crédits, ou de «credit crunch». Mais cette situation défavorable pourrait se détériorer, comme on le constate à l'étranger», a déclaré Jean-Pierre Roth. (ats)

Ton opinion