La culture hip-hop au féminin
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La culture hip-hop au féminin

Rappeuses, breakeuses, DJ et graffeuses se sont donné rendez-vous hier aux Grottes pour la «Sista Sound System». Une première!

Place aux filles! De plus en plus de demoiselles rappent, breakent, graffent et mixent. Et, surprise, elles sont respectées dans ce milieu réputé macho. «C'est cool que les filles se lancent. Il faut juste qu'elles crochent, car souvent elles s'arrêtent vite», explique Akor, b-boy. «Je m'entraîne avec mes copines, mais aussi avec des mecs. Ils sont contents de voir qu'on a la même passion et qu'on le fait avec sérieux», explique Laura, 20 ans, breakeuse depuis un an.

Il y a dix ans, très peu de filles osaient prendre le micro. Aujourd'hui, de plus en plus de jeunes filles osent et imposent leur identité féminine sans honte. «Lorsque j'ai commencé, il y a dix ans, je rappais comme un mec. Maintenant, j'ai un style plus mélodieux, explique Sista Valka, 30 ans. Dans ses textes, elle aborde les thèmes et la cause de la femme.

Les graffeuses sont peu nombreuses. «Elles ont peut-être peur de se salir les mains, plaisante Nadia, 28 ans, graffeuse depuis huit ans. Je pense que c'est le côté illégal qui fait peur. Partir en mission la nuit pour peindre les murs, ça ne plaît pas à toutes les filles.»

Nadia se définit avant tout comme une artiste, pas comme une graffeuse fille. «Je n'aime pas faire des catégories en fonction du sexe. C'est à cause de cette distinction qu'il y a des inégalités dans notre société.» Le hip-hop est une culture avant tout. Il n'a ni sexe ni couleur.

Sabrine Gillièron

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