Genève: La danse est à un pas de s'établir au centre-ville
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GenèveLa danse est à un pas de s'établir au centre-ville

Discuté depuis 20 ans, le projet d'un pavillon de la danse pourrait être voté cette semaine par les élus de la Ville. Seuls le PLR et l'UDC s'y opposent.

par
David Ramseyer
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Le projet de Pavillon de la danse à la place Sturm.

Le projet de Pavillon de la danse à la place Sturm.

ON architecture
La place Sturm, telle qu'elle se présente aujourd'hui.

La place Sturm, telle qu'elle se présente aujourd'hui.

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«Il est temps d'insuffler de la vie à ce désert de Gobbi qu'est la place Sturm». Comme la grande majorité de ses collègues du conseil municipal de la Ville de Genève, le PDC Alain de Kalbermatten votera les 11,4 millions de francs de crédit du futur Pavillon de la danse contemporaine, qui doit naître d'ici deux ans au centre-ville. Le scrutin devrait intervenir en plénière cette semaine, a priori mercredi. Seuls le PLR et l'UDC sont opposés au projet de l'Exécutif, qui a notamment négocié une convention avec les voisins.

Parent pauvre de la culture

Pour l'élu démocrate-chrétien, il ne s'agit évidemment pas seulement de meubler la place Sturm, même si l'endroit profitera de l'édification du pavillon pour être réaménagé, avec de la verdure et des jeux pour enfants. «Alors que l'Association pour la danse contemporaine rayonne au niveau européen, cet art est depuis des années le parent pauvre de la culture», remarque Alain de Kalbermatten.

Ce dernier s'indigne qu'aujourd'hui, l'institution est coincée dans une salle communale du quartier des Eaux-Vives. Un lieu dont la population aurait bien besoin pour ses propres activités, remarquent les partisans du projet, soit la majorité des partis.

Dépenses et utilité discutables?

Le PLR, lui, déplore les coûts d'un pavillon provisoire dont l'installation à la place Sturm ne devrait durer que 7 ans. «Mettre autant d'argent pour ça, alors qu'il va falloir démonter ou remonter le bâtiment ailleurs?! Cela va engendrer des frais supplémentaires», s'émeut la cheffe de groupe, Patricia Richard.

Ce n'est pas sa seule critique. L'élue s'interroge sur le réel besoin d'un lieu d'accueil dévolu à la danse contemporaine. Selon elle, la Nouvelle Comédie, actuellement en construction, pourrait lui réserver une place. «Vernier a aussi un projet de grand centre culturel. Et puis à une demi-heure de train, Lausanne compte aussi des scènes pour cet art.»

Chargé de la culture, le conseiller administratif Sami Kanaan se dit confiant sur une solution pérenne, à la place Sturm ou ailleurs. Par ailleurs, le socialiste note que la moitié des compagnies de danse contemporaine soutenues par la Confédération sont établies à Genève, preuve de la qualité de la création au bout du lac. Cela vaut bien un pavillon, selon le magistrat.

Une création au ralenti

Les premières discussions pour ériger au bout du lac un lieu dévolu à la danse contemporaine ont commencé il y a déjà 20 ans. C'est d'abord un projet intercommunal. Lancy est choisie pour accueillir un centre culturel devisé à 45 millions de fr., dont 18 pour une Maison de la danse. Mais tout s'écroule dans les urnes. Le 22 octobre 2006, les citoyens de la commune refusent le complexe par 62% des voix. Le projet est alors repris par la Ville de Genève seule, et redimensionné à la baisse. Le Pavillon de la place Sturm prévoit une salle de 200 places, un espace de documentation et un autre pour la restauration, ainsi que des locaux administratifs.

En cas de vote positif cette semaine, les travaux devraient débuter d'ici la fin de l'année, pour une inauguration en 2020.

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