Lutte contre la pauvreté: La DDC veut travailler sur les causes de l'exil
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Lutte contre la pauvretéLa DDC veut travailler sur les causes de l'exil

La coopération suisse veut «travailler sur les causes qui poussent les populations à migrer».

Manuel Sager, directeur de la DDC.

Manuel Sager, directeur de la DDC.

photo: Keystone

«La moitié des moyens doivent être affectés à ces régions dites fragiles», a précisé Manuel Sager lors de la conférence de presse annuelle de la Direction du développement et de la coopération (DDC) vendredi à Berne. Elle ne peut prétendre pour autant empêcher les gens qui le veulent de partir.

Au total plus de 40 pays dans le monde totalisant près de 1,5 milliard de personnes - un cinquième de la population mondiale - sont aujourd'hui considérés comme instables, ou sont en proie à des violences ou à des conflits. Les populations concernées constituent aussi près de la moitié des pauvres dans le monde.

Causes de radicalisation

Or, «les causes de la pauvreté sont souvent les mêmes que celles qui mènent à la radicalisation, à l'extrémisme et à la violence, et qui entraînent des millions de personnes sur les chemins de l'exil: absence de perspectives pour les jeunes, inégalités sociales, marginalisation et discrimination de certaines minorités ou de certains groupes, atteinte aux droits humains».

Au cours des dernières années, la Suisse a déjà sensiblement accru son aide en faveur des pays et régions fragiles tels que l'Afrique subsaharienne, l'Afrique du Nord et le Proche-Orient, a rappelé le chef de la DDC.

«En 2016, nous entendons renforcer nos actions de lutte contre la pauvreté là où les structures étatiques ont été affaiblies ou font défaut», a-t-il dit.

«La coopération internationale ne peut pas pour autant empêcher les migrations, qui ont toujours existé», a insisté Manuel Sager. La DDC ne veut donc pas mesurer son succès à cette aune.

Donner des perspectives

«Quand des crises durent longtemps, il est important de ne pas se consacrer qu'à l'aide d'urgence, mais de commencer tôt avec des actions de développement», a aussi relevé le chef de la DDC. «Il s'agit de donner une perspective aux gens» dans des contextes d'incertitude qui durent.

«Lors de mes visites dans des camps de réfugiés syriens, les jeunes gens me disaient que ce qui les affectait le plus était l'inaction», a-t-il noté.

Le secteur privé doit contribuer

«L'aide publique a elle seule ne peut suffire. Le secteur privé doit aussi contribuer», a souligné Manuel Sager. «Nous avons actuellement une trentaine de partenariats avec des entreprises suisses, notamment, une proportion que nous voulons doubler».

«Il ne s'agit pas de servir seulement les intérêts propres de la Suisse ou ceux des entreprises», a tenu à ajouter le chef de la DDC. «Pour la Suisse, la solidarité reste importante».

Cela dans un contexte où le budget affecté à la coopération suisse est en baisse en raison des mesures d'économie: de 2,5 milliards en 2015 (chiffres non définitifs), il devrait passer à 2,4 milliards en 2016, «et encore moins en 2017». «Jusqu'ici, nous avons fait des coupes linéaires. Si ça continue, nous devrons effectuer des réduction stratégiques», a commenté Manuel Sager. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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