Valais: La décharge de Pramont transformée en paradis naturel

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ValaisLa décharge de Pramont transformée en paradis naturel

La décharge de Pramont, près de Sierre (VS), propriété d'Alcan, est passée du stade de mouton noir à celui de paradis naturel en dix ans.

Greenpeace, le WWF et Alcan ne tarissent pas d'éloge sur cet assainissement exemplaire.

«Le résultat est remarquable», a déclaré mardi lors d'une conférence de presse la secrétaire du WWF du Valais romand Marie-Thérèse Sangra. La décharge demeure un site contaminé mais elle a été sécurisée.

Le dialogue entre les partenaires et le climat de transparence ont été les clefs de cet assainissement. Cet état d'esprit doit continuer à prévaloir à l'avenir car la décharge nécessite un entretien et un contrôle permanents.

Sécurité et écologie

L'assainissement du site a coûté quelque 20 millions de francs à son propriétaire Alcan. La satisfaction est pourtant de mise du côté de l'entreprise. La collaboration avec les milieux écologiques a été fructueuse et s'est étendue aux travaux de réhabilitation du site de Steg (VS), usine fermée par Alcan.

L'ouvrage est conçu pour vieillir, a précisé François Veuthey, porte-parole d'Alcan. La sécurité des déchets qui s'y trouvent, des résidus d'électrolyse imprégnés de sels fluorés déposés il y a plus de 20 ans, est assurée.

Ces déchets ont été isolés avec une couche d'étanchéité entièrement minérale de près de deux mètres d'épaisseur. Divers biotopes ont été créés sur la colline formée par la décharge. Une zone humide avec sa forêt et une prairie steppique ont pu prendre place sur le site.

La reconstitution de ces milieux apporte un plus écologique qui était un des objectifs de l'assainissement, a précisé M. Veuthey. L'opération s'inscrit aussi dans le concept d'aménagement de la rive gauche du Rhône qui coule à proximité.

Décharge occupée

La décharge avait suscité l'ire des organisations écologiques en septembre 1995. Des militants de Greenpeace et du WWF ainsi que des agriculteurs avaient occupé la décharge durant plusieurs heures après la découverte d'écoulement d'eau fortement fluorée dans le Rhône et la nappe phréatique.

Les deux organisations avaient exigé un assainissement rapide du site, propriété à l'époque d'Alusuisse. L'entreprise s'était engagée à entreprendre ces travaux mais le climat était plutôt à l'affrontement et les organisations craignaient que le dossier ne sombre dans l'oubli. (ats)

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