Votations du 5 juin : «La défaite de l'UDC était prévisible»
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Votations du 5 juin «La défaite de l'UDC était prévisible»

Le politologue Thomas Milic revient sur le double échec encaissé dimanche par le parti agrarien après le oui à la réforme de la loi sur l'asile et le non à l'initiative dite «vache à lait».

par
Désirée Pomper
Thomas Milic a rendu visite dimanche à la rédaction de «20 Minuten» à Zurich.

Thomas Milic a rendu visite dimanche à la rédaction de «20 Minuten» à Zurich.

photo: Kein Anbieter/DR

Selon la presse, l'UDC a reçu une claque avec le refus à l'initiative «Pour un financement équitable des transports» et l'acceptation de la révision de la loi sur l'asile. D'après vous, comment se sentent les politiciens agrariens ce lundi, au lendemain des votations?

Je pense que cette défaite a eu l'effet d'une douche froide pour nombre d'entre eux. Dimanche était un jour noir pour l'UDC, mais sa défaite était prévisible. C'est pour ça que le parti a refusé de se lancer dans une grande campagne pour combattre la révision de la loi su l'asile. En ce qui concerne l'initiative «vache à lait», l'UDC n'est pas parvenue à convaincre d'autres votants que ceux issus de leur propre parti.

La révision de la loi sur l'asile a été acceptée à 66%. Comment expliquez-vous ce résultat très net?

Tout d'abord, je tiens à rappeler qu'il s'agit ici d'un résultat plutôt normal pour une telle révision. La seule chose étonnante c'est que le référendum a été déposé par la droite et non la gauche. Mais de manière générale, deux raisons expliquent selon moi ce résultat très net: d'une part, c'est devenu une sorte de tradition suisse que de ramener à la réalité ceux qui sont devenus trop puissants. C'est ce qu'on a vu avec l'initiative populaire «Pour le renvoi effectif des étrangers criminels». D'une autre part, l'UDC semble être devenue un peu trop sûre d'elle après l'acceptation de l'initiative sur le renvoi et celle sur l'immigration de masse. Ce qui n'a pas bien été accepté par le peuple.

Jusqu'à présent, le parti agrarien donnait le ton en ce qui concerne les thèmes liés aux étrangers et à l'asile. Mais les choses semblent changer depuis février avec le rejet de l'initiative de mise en oeuvre... Pensez-vous que cette tendance se confirmera à l'avenir?

Je ne pense pas. Mais le parti s'efforcera sans doute à l'avenir à ce que ses revendications aient une chance d'être acceptées par des autres votants que ceux de l'UDC. Le parti ne peut pas uniquement se reposer sur ses partisans. L'initiative pour l'autodétermination sera son prochain défi. Le texte, lancé par l'UDC, souhaite permettre la mise en oeuvre de décisions du peuple et des cantons lorsque les politiciens refusent de les appliquer en invoquant le droit international. A mon avis, le parti aura de la peine de faire comprendre l'idée centrale du texte. Déstabilisé par les récents résultats et la défaite de l'initiative de mise en oeuvre, le parti va peut-être même retirer son initiative.

Sur Twitter, la gauche estime que le dimanche 5 juin a été «une bonne journée pour le PS». Est-ce que c'est réellement le cas?

Oui et non. Je ne pense pas qu'on puisse parler d'une journée à succès pour le parti socialiste. On doit néanmoins avouer que le PS a contribué au succès en recommandant de voter non au revenu de base inconditionnel et à l'initiative «Pro service public».

On constate que l'UDC a été moins agressive que d'habitude dans sa campagne en marge des votations du 5 juin. Est-ce que le parti s'est calmé depuis qu'un deuxième membre du parti agrarien siège au Conseil fédéral?

Il est vrai que le parti semble vouloir devenir plus conciliant et plus doux. Les dirigeants de l'UDC ont rappelé à plusieurs reprises vouloir assumer leur responsabilité gouvernementale. Plusieurs politiciens agrariens ont ainsi fait part de leur volonté d'aller dans le sens du Conseil fédéral pour la mise en oeuvre de l'initiative «Contre l'immigration de masse».

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