Primaires américaines: La défaite de trop pour Donald Trump?
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Primaires américainesLa défaite de trop pour Donald Trump?

Battu par son concurrent Ted Cruz, l'homme d'affaires républicain se voit freiné dans sa quête de la majorité absolue de 1237 délégués dont il aura besoin pour décrocher l'investiture avant la convention nationale des Républicains en juillet.

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Le médecin de Donald Trump a réalisé un bulletin de santé en 5 minutes, l'an passé. (Samedi 27 août 2016)

Le médecin de Donald Trump a réalisé un bulletin de santé en 5 minutes, l'an passé. (Samedi 27 août 2016)

Reuters
Une statue peu flatteuse de Donald Trump a fait beaucoup rire, à New York. (Jeudi 18 août 2016)

Une statue peu flatteuse de Donald Trump a fait beaucoup rire, à New York. (Jeudi 18 août 2016)

AFP
Le sénateur démocrate Tim Kaine a été investi candidat à la vice-présidence des Etats-Unis. (Mercredi 27 juillet 2016)

Le sénateur démocrate Tim Kaine a été investi candidat à la vice-présidence des Etats-Unis. (Mercredi 27 juillet 2016)

Keystone

L'homme d'affaires américain Donald Trump a perdu mardi la primaire présidentielle républicaine dans le Wisconsin, une défaite non fatale, mais qui complique grandement son projet de rafler l'investiture avant la convention de juillet.

Chez les démocrates, le sénateur du Vermont Bernie Sanders a facilement battu Hillary Clinton, dont c'est la sixième défaite en sept consultations.

Le sénateur du Texas Ted Cruz a très largement battu Donald Trump, appuyé par les caciques républicains locaux qui avaient en dernier recours placé leurs espoirs dans cet ultraconservateur, héros du Tea Party et de la droite religieuse. Sa victoire est sans appel: environ 48,3% des voix contre 35% pour Donald Trump. Le gouverneur de l'Ohio, John Kasich, a obtenu 14% des voix, selon des résultats partiels. Ted Cruz devrait rafler la quasi-totalité des délégués grâce à une prime au vainqueur.

«Ted Cruz est pire qu'un pantin»

Mauvais perdant, Donald Trump a accusé son rival de fraude et de collusion avec l'establishment républicain. «Ted Cruz est pire qu'un pantin», a déclaré son entourage dans un communiqué. «C'est un cheval de Troie pour les chefs du parti qui essaient de voler l'investiture à M. Trump.» Malgré ce succès très net, le retard de Ted Cruz en nombre de délégués reste quasi insurmontable: il en a 510 contre 743 pour Donald Trump.

L'appareil républicain est conscient de cette implacable arithmétique, mais son objectif est de priver l'homme d'affaires de la majorité absolue de 1237 délégués qui lui permettrait de décrocher l'investiture avant la convention nationale de Cleveland, en juillet. Le suspense devrait durer jusqu'aux derniers scrutins du 7 juin, notamment dans la grande Californie. «Ce n'est pas impossible que Trump y arrive, mais il est probable qu'il lui manque quelques dizaines de délégués pour arriver à la majorité», a dit à l'AFP Larry Sabato, politologue de l'Université de Virginie.

Dans ce cas, l'investiture serait décidée par un vote imprévisible des délégués à Cleveland, dont la plupart seraient libres de voter selon leur préférence personnelle au lieu de respecter le résultat des primaires. Toute la stratégie de Ted Cruz consiste à forcer cette convention «ouverte», où il se présenterait comme l'homme de consensus anti-Trump. C'est aussi l'objectif de John Kasich. «Cette soirée est un tournant», a déclaré Ted Cruz à Milwaukee. «Soit avant Cleveland, soit à la convention de Cleveland, nous obtiendrons une majorité des délégués et nous battrons Hillary Clinton en novembre.»

La grande bataille lors de la primaire de New York

La bataille se déplace maintenant à New York pour la primaire du 19 avril, et en Pennsylvanie qui votera le 26 avril avec quatre autres Etats. Donald Trump y était jusqu'à présent le grand favori. Chez les démocrates, la région des Grands Lacs a été plus favorable au sénateur socialiste démocrate que le Sud, bastion d'Hillary Clinton où l'électorat noir lui a assuré d'immenses victoires en février et en mars.

Bernie Sanders a capitalisé sur cette excellente séquence en déclarant que «la dynamique» était de son côté. «La dynamique, c'est d'avoir commencé cette campagne il y a onze mois, alors que les médias nous qualifiaient de marginaux», a déclaré Bernie Sanders à Laramie, dans le Wyoming, où des caucus démocrates (réunions d'électeurs) auront lieu samedi.

Selon des résultats partiels, il obtiendrait quelque 56% des voix contre 44% pour Hillary Clinton. Les 86 délégués démocrates seront répartis à la proportionnelle, ce qui atténue l'impact de la défaite pour l'ex-secrétaire d'Etat. Bernie Sanders a encore une fois raflé les voix des jeunes: 81% des 18-29 ans ont voté pour lui, selon les sondages de sorties d'urnes.

Hillary Clinton avait de fait quasiment concédé la défaite en se concentrant depuis plusieurs jours sur New York, dont elle fut sénatrice de 2001 à 2009, et où elle part favorite, selon les sondages. La démocrate a une nouvelle fois critiqué son adversaire sur les armes à feu, après qu'il a dit au journal «Daily News» être opposé à ce que les victimes de fusillades puissent porter plainte contre les fabricants d'armes.

Hillary Clinton dispose au total de 1778 délégués contre 1097 pour Bernie Sanders, selon l'estimation de CNN, en incluant près de 500 «superdélégués» qui l'ont assurée de leur soutien à la convention de Philadelphie. La majorité requise pour être investi est de 2383. (20 minutes/afp)

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