Procès aux Etats-Unis: La défense de Raoul Weil évoque un vice de forme
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Procès aux Etats-UnisLa défense de Raoul Weil évoque un vice de forme

Nouveau rebondissement dans le procès de l'ancien haut responsable d'UBS.

La défense du prévenu a renoncé vendredi à produire les témoignages de deux à trois banquiers suisses pourtant préparés de longue date.

La défense du prévenu a renoncé vendredi à produire les témoignages de deux à trois banquiers suisses pourtant préparés de longue date.

A la surprise générale, les avocats de Raoul Weil ont renoncé vendredi à produire par vidéoconférence les témoignages de banquiers suisses visant à disculper leur client. La défense de l'ex-haut responsable d'UBS, accusé d'aide à l'évasion fiscale, ont même exigé l'abandon des charges en raison d'un vice de forme de la part de l'accusation.

Toujours aussi sûre de remporter le procès de Raoul Weil qui se tient devant le Tribunal fédéral de Fort Lauderdale, dans l'Etat américain de Floride, la défense du prévenu a renoncé vendredi à produire les témoignages de deux à trois banquiers suisses pourtant préparés de longue date. Les témoins avaient même effectué le voyage vers Londres pour clamer l'innocence de leur ancien collègue.

Parmi ces derniers pourraient figurer Peter Kurer, ancien chef des services juridiques du numéro un bancaire helvétique, puis président du conseil d'administration et Marcel Rohner, ex-directeur général de l'établissement aux trois clefs. Proches de Raoul Weil, les deux ex-responsables pourraient aussi faire l'objet d'une plainte aux Etats-Unis dans le cas où l'ex-patron des activités de gestion de fortune serait condamné.

La volte-face de la défense, qui avait insisté durant plusieurs semaines auprès du juge James Cohn pour produire ces témoins devant la Cour via une vidéoconférence, peut surprendre. Le juge Cohn avait finalement accédé à la requête des avocats de Raoul Weil, à condition que la conférence s'effectue depuis Londres et non Zurich, comme demandé initialement.

Acquittement demandé

Toujours très offensifs, les avocats de Raoul Weil ont dans la foulée exigé la relaxe immédiate de leur client, invoquant un vice de forme. Selon la défense, l'accusation n'a jamais présenté de documents démontrant que le prévenu a participé à un «complot à des fins d'évasion fiscale», comme décrit dans l'acte d'accusation.

Il n'a pas été prouvé une seule fois que M. Weil ait pu avoir connaissance d'activités illicites de ses subalternes, a fait savoir la défense. En raison des propos condamnant d'emblée l'ex-responsable d'UBS, les jurés ne sont plus en mesure de prononcer de manière objective leur verdict.

Le juge Cohn a indiqué qu'il prendrait sa décision plus tard. Coup habile de la défense, la requête donne à l'accusation la possibilité d'invalider ultérieurement un éventuel verdict de culpabilité et de le transformer en un acquittement. Toutefois, selon les observateurs, un tel cas se produit rarement.

Le verdict des jurés devrait tomber dès le milieu de la semaine prochaine. Le procès de l'ancien responsable de la gestion de fortune chez UBS a commencé le 14 octobre. L'ex-banquier de 54 ans, arrêté en 2013 à Bologne, en Italie, puis extradé aux Etats-Unis, risque jusqu'à cinq ans de prison.

UBS collabore depuis 2009 avec les enquêteurs du gouvernement américain après avoir payé une amende de 780 millions de dollars. Elle a ainsi remis aux autorités américaines les noms de milliers de clients soupçonnés d'avoir fraudé le fisc. (ats)

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