Procès Holenweger: La défense dénonce un procès «illégal»
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Procès HolenwegerLa défense dénonce un procès «illégal»

L'avocat de l'ex-banquier Oskar Holenweger a dénoncé jeudi un procès «illégal» en plaidant la cause de son client devant le Tribunal pénal fédéral (TPF).

Lors de son procès, Oskar Holenweger doit répondre de blanchiment, de faux dans les titres, de complicité de gestion déloyale et de corruption d'agents publics étrangers.

Lors de son procès, Oskar Holenweger doit répondre de blanchiment, de faux dans les titres, de complicité de gestion déloyale et de corruption d'agents publics étrangers.

Le procureur fédéral Lienhard Ochsner a requis jeudi à Bellinzone une peine de deux ans et demi de prison partiellement assortie du sursis contre Oskar Holenweger. Prenant ensuite la parole, l'avocat de l'ex-banquier a dénoncé un procès «illégal».

Il est certain, a affirmé dans son réquisitoire le procureur fédéral, que l'ex-banquier a sciemment blanchi 80 millions de francs d'argent sale. Il s'agit d'un montant rarement égalé dans les annales judiciaires suisses, a relevé l'accusateur.

Caisses noires

Selon celui-ci, il est prouvé qu'Oskar Holenweger a constitué, par le biais de factures fictives, des caisses noires pour le groupe français Alstom. L'ex-banquier a ensuite opéré les transferts de fonds pour que cet argent serve à corrompre des officiels étrangers.

De plus, Oskar Holenweger s'est fait piéger. Il a accepté 830'000 euros de la part d'un agent infiltré, un dénommé «Markus Diener». A plusieurs reprises, cet agent lui avait expressément indiqué qu'il s'agissait d'argent provenant du trafic de drogue.

L'accusé a déployé une forte énergie criminelle, a soutenu le procureur fédéral. Il a montré qu'il n'était pas un homme d'affaires sérieux.

Procédure «illégale»

A l'issue du réquisitoire, l'avocat de l'accusé, Me Lorenz Erni a pris la parole pour dénoncer, quant à lui, le manque de sérieux de l'instruction. Il n'a pas hésité à qualifier d'»illégale» toute la procédure ouverte contre son client.

Il a affirmé que les preuves récoltées contre Oskar Holenweger sont «inconsistantes». Dans ces conditions, a-t-il ajouté, le prononcé d'une peine est exclu.

Ramos, qualifié de «personne de confiance» par le Ministère public de la Confédération, serait la seule source susceptible de justifier l'ouverture de la procédure lancée contre l'accusé, a admis le défenseur. Mais tout le dossier qui concerne le volet «Ramos» a été dissocié de la procédure ouverte contre l'ex-banquier.

Dans ces conditions, a poursuivi Me Erni, il est impossible de vérifier la crédibilité des accusations qu'il a faites. Il faut toutefois constater que toute la vie de «Ramos» a été bâtie sur le mensonge et le crime, ce qui lui a valu à deux reprises des peines de prison à vie auxquelles s'ajoutent vingt ans de réclusion.

Correspondance «choquante»

«Ramos» voulait gagner le plus d'argent possible en étant au service du Ministère public. Il est «choquant», a déclaré Me Erni, que le Ministère public de la Confédération et la Police judiciaire fédérale aient correspondu pour savoir comment on pouvait le rémunérer en lui donnant une part des valeurs confisquées.

Enfin, rien ne prouve que l'ex-banquier aurait reçu 830'000 euros de l'agent infiltré «Markus Diemer» en sachant qu'il s'agissait d'argent provenant du trafic de drogue.

Trop bavard, ce témoin a fait des déclarations qui se sont avérées fausses, a affirmé Me Erni dont la plaidoirie se terminera vendredi matin, dernier jour du procès, qui donnera l'occasion aux parties de répliquer. Le jugement ne sera connu qu'ultérieurement. (ats)

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