Actualisé 17.12.2017 à 13:09

AutricheLa Défense et l'Intérieur vont à l'extrême droite

L'extrême-droite autrichienne obtient 3 ministères dans le gouvernement et marque le projet de gouvernement.

Le futur chancelier conservateur Sebastian Kurz (ÖVP, à droite sur la photo), prendra ses fonctions lundi dans un gouvernement de coalition avec le FPÖ (image - samedi 16 décembre 2017).

Le futur chancelier conservateur Sebastian Kurz (ÖVP, à droite sur la photo), prendra ses fonctions lundi dans un gouvernement de coalition avec le FPÖ (image - samedi 16 décembre 2017).

La nouvelle majorité a «un engagement européen clair, avec l'objectif de renforcer la subsidiarité» au sein de l'Union européenne, a déclaré M. Kurz. «Nous souhaitons une coopération européenne plus poussée dans les domaines où cela se justifie, comme la défense des frontières, mais davantage de compétences laissées aux Etats à chaque fois que c'est possible», a-t-il expliqué.

A ses côtés, le chef du Parti de la liberté (FPÖ), Heinz Christian Strache a admis qu'à la demande de M. Kurz, «la question d'une sortie de l'UE a été exclue» des points qui pourront être soumis à des consultations populaires, que le FPÖ souhaite promouvoir. «Nous aurions souhaité un champ plus large», a-t-il avoué.

A Bruxelles dès mardi

Pour preuve de son engagement européen, M. Kurz entend se rendre à Bruxelles dès mardi, au lendemain de la prestation de serment de son gouvernement, composé de son Parti populaire (ÖVP) et du FPÖ, a-t-on appris dimanche auprès du ministère des affaires étrangères. Il souhaite rencontrer les présidents de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et du Conseil européen Donald Tusk.

Pour le politologue Anton Pelinka, même si le FPÖ obtient plus de prérogatives qu'il n'en a jamais eues jusqu'ici, «l'ÖVP s'est imposé sur les points les plus importants, à commencer par la politique européenne». M. Kurz conservera ainsi la main haute sur les dossiers européens, alors que Vienne présidera l'UE au second semestre 2018. Cette alliance vient couronner une année faste pour l'extrême droite en Europe, avec une forte progression aux Pays-Bas, en France et en Allemagne, sans toutefois parvenir à s'y hisser au pouvoir.

«J'applaudis notre ami» Heinz-Christian Strache, a déclaré le Néerlandais Geert Wilders en marge d'une réunion des chefs de partis d'extrême droite européens à Prague. La Française Marine Le Pen a de son côté salué un «événement véritablement historique». A l'inverse, Ankara a vivement fustigé dimanche le programme de la nouvelle coalition, fermement opposée à une adhésion de la Turquie à l'UE. Cette déclaration confirme «les craintes d'une orientation politique basée sur la discrimination et la marginalisation», a protesté le ministère turc des Affaires étrangères.

Six maroquins pour le FPÖ

Au total, l'ÖVP contrôlera huit ministères. Le FPÖ en obtient six, dont la vice-chancellerie pour Heinz-Christian Strache. Un porte-parole de l'ÖVP a confirmé samedi que le FPÖ obtiendrait, entre autres, les portefeuilles de l'intérieur et de la défense, qui reviennent au président du FPÖ, Herbert Kickl, et à Mario Kunasek.

L'experte en droit international Karin Kneissl sera ministre des Affaires étrangères sous l'étiquette FPÖ, même si elle n'a pas la carte du parti, a dit le porte-parole. En outre, Nobert Hofer, candidat malheureux du FPÖ à la présidentielle de 2016, devient ministre des Infrastructures.

Du côté conservateur, Sebastian Kurz a dévoilé samedi que son ministre des Finances serait Hartwig Löger, actuel patron de la branche autrichienne du groupe d'assurances Uniqa. L'ÖVP contrôlera également les portefeuilles de la Justice et de l'Agriculture.

Immigration illégale

Comme attendu, le programme de gouvernement comporte une série d'allégements fiscaux et de mesures destinées à combattre l'immigration illégale et à restreindre le bénéfice des aides sociales pour les étrangers.

«Nous voulons alléger la pression fiscale, nous voulons renforcer notre économie, ce qui améliorera notre système social», a promis M. Kurz. Mais «en premier lieu, nous voulons améliorer la sécurité dans notre pays, y compris en combattant l'immigration illégale».

Les questions de l'immigration et de l'islam ont dominé la campagne législative, deux ans après la grande vague de réfugiés en Europe en 2015. M. Strache avait notamment multiplié les allusions au risque d'«invasion de masse» et de «guerre civile» si l'immigration n'était pas jugulée. (nxp/ats/afp)

(NewsXpress)

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