Procès de l'amiante: La défense exige l'exclusion de certaines parties civiles
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Procès de l'amianteLa défense exige l'exclusion de certaines parties civiles

Les avocats du milliardaire suisse Sephan Schmidheiny et du baron belge Jean-Louis de Cartier de Marchienne ont exigé, lors de la reprise du procès de l'amiante, l'exclusion de certaines parties civiles.

Les deux inculpés sont les actionnaires principaux d'Eternit SA Italie et répondent d'homicides par négligence.

Les avocats de la défense ont demandé que la Sécurité sociale italienne Inps et l'assurance-accident des salariés, Inail, ne participent pas au procès, selon les agences de presse italiennes.

«Pourquoi Inail, le pendant italien de la SUVA, devrait-il soudain se trouver du côté des personnes lésées?» a déclaré lundi à l'ATS Peter Schürmann, le porte-parole de M. Schmidheiny.

Inail exige 245 millions d'euros pour rembourser les dédommagements qu'elle a déjà versés aux salariés d'Eternit tombés malade. La défense exige également l'exclusion des syndicats, tout comme des associations de consommateurs et de protection de l'environnement de la liste des parties civiles.

L'avocat de M. Schmidheiny, Astolfo Di Amato, a déclaré à l'agence de presse autrichienne APA que la défense encourt le risque, en raison du trop grand nombre de plaignants, de manquer de marge de manoeuvre. Et cela s'oppose au principe d'un procès équitable.

Séparer le procès pénal du civil

La défense désire séparer la question de la culpabilité des éventuels dommages. Un procès pénal est en cours actuellement à Turin, qui doit déterminer l'innocence ou la culpabilité des accusés, a ajouté M. di Amato selon M. Schürmannn. Estimer le préjudice subi relève d'un procès civil.

L'avocat a ajouté que les parties civiles exerçaient une forte pression sur les juges, qui pourraient être influencés par leur présence. Au total, 700 personnes, qui représentent 6000 individus, se sont constituées parties civiles.

Si le juge Giuseppe Casalbore suit la défense, des centaines d'anciens employés d'Eternit SA Italie et leurs proches seraient exclus du procès, indique l'agence APA.

L'avocat de M. de Cartier, Cesare Zuccone, a en outre demandé l'exclusion de quelques centaines d'anciens salariés, en arguant que son client n'était pas l'actionnaire principal d'Eternit SA Italie à l'époque où les plaignants y travaillaient.

C'est la firme belge Etex qui possédait majoritairement l'entreprise Eternit SA Italie, de 1953 jusqu'au début des années 1970. M. Schmidheiny a pris la majorité des parts lors d'une augmentation de capital destiné à moderniser les usines.

Après la défense, le juge a donné la parole aux parties civiles. Leurs avocats disposaient de deux minutes de temps de parole. Les auditions doivent reprendre lundi prochain.

Un procès-fleuve

Le procès contre MM. Schmidheiny et de Cartier, qui n'ont pas assisté lundi aux débats, s'est ouvert le 10 décembre. Les deux inculpés répondent d'homicides par négligences pour les morts provoquées par l'exposition à l'amiante, selon l'accusation du procureur Raffaelle Guariniello.

MM. Schmidheiny et de Cartier étaient responsables, selon l'accusation, de quatre usines d'amiante d'Eternit SA Italie. Le procureur leur reproche d'avoir, entre 1973 et 1986, négligé les mesures de sécurité sur les lieux de travail.

Au total, quelque 2000 ouvriers d'Eternit SA Italie sont décédés des suites de la contamination. 800 autres personnes sont tombées malades.

Les deux inculpés encourent des peines de prison allant de deux à douze ans et des centaines de millions d'euros de dédommagements sont en jeu.

Des victimes de l'amiante se battent depuis plus de vingt ans pour la tenue d'un procès. Devant le palais de justice de Turin, quelques anciens employés manifestaient pour obtenir «la justice pour les victimes d'Eternit».

(ats)

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