Procès Colonna: La défense prépare la riposte
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Procès ColonnaLa défense prépare la riposte

La tension sera à son comble lundi à 10h à la reprise du procès d'Yvan Colonna devant la cour d'assises d'appel de Paris, toutes les parties ayant passé le week-end à préparer la riposte aux révélations faites, tard vendredi, par un proche de Claude Erignac, Didier Vinolas.

Ce dernier a affirmé détenir les noms de deux suspects de l'assassinat du préfet de Corse qui seraient «peut-être» encore en liberté.

La défense d'Yvan Colonna, qui a toujours nié avoir participé à ce crime, a d'ores et déjà annoncé qu'elle allait porter plainte pour «entrave à la manifestation de la vérité», car M. Vinolas affirme avoir transmis deux noms, qu'il tiendrait d'un informateur fiable, au procureur de la République de Paris, Yves Bot, dès 2002.

Le président de la cour d'assises, Didier Wacogne, peut faire le choix de faire citer M. Bot comme témoin pour vérifier qu'il a bien reçu ce renseignement et le cas échéant lui demander d'expliquer pourquoi il ne l'a pas exploité ou transmis aux juges d'instruction. Il peut également ordonner un complément d'information qui serait confié à des policiers ou qu'il peut mener lui-même.

«Quelle est l'autorité policière ou judiciaire suffisamment indépendante et impartiale aujourd'hui pour enquêter sur cette affaire», s'est cependant interrogé samedi Me Antoine Sollacaro, l'un des avocats d'Yvan Colonna. «A qui allons nous demander un complément d'enquête sincère», a-t-il ajouté évoquant la possibilité d'une commission d'enquête de la Ligue des Droits de l'Homme. Un supplément d'enquête suspendrait de toute façon le procès pour plusieurs semaines.

Didier Wacogne sera d'autant plus coincé que la défense et Yvan Colonna menacent de quitter le procès s'il ne fait pas droit à leurs demandes, notamment la remise en liberté immédiate de l'accusé. «Le président Wacogne ne peut plus siéger», a même affirmé samedi Me Gilles Simeoni jugeant «insupportable» que le magistrat n'ait pas fait état à la défense d'une lettre que M. Vinolas lui a envoyée fin décembre. «Il ne pouvait pas la lire et en faire état avant que le témoin ne vienne déposer», rétorquent les parties civiles.

Parties civiles qui parlent d'une tempête dans un verre d'eau, rappelant que les deux noms évoqués par M. Vinolas ne se rattachaient dans un premier temps qu'à l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella, le 6 septembre 1997, au cours de laquelle l'arme ayant servie à abattre le préfet le 6 février 1998 à Ajaccio, a été dérobée. «Cela manque totalement de crédibilité», affirme l'un de leurs avocats, Me Benoît Chabert.

Yvan Colonna est jugé en appel par la cour d'assises de Paris pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac le 6 février 1998 en pleine rue à Ajaccio. Il a toujours nié les faits pour lesquels il a écopé le 13 décembre 2007 de la réclusion criminelle à perpétuité. (ap)

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