11.09.2020 à 15:55

AmazonieLa déforestation est en recul mais reste très élevée

Les données officielles publiées vendredi montrent un léger recul de la déforestation en Amazonie brésilienne par rapport à 2019, année durant laquelle elle avait atteint un niveau exceptionnel.

La politique environnementale du président brésilien Jair Bolsonaro et de son gouvernement est très critiquée. La déforestation a accéléré depuis sa prise de pouvoir en 2018.

La politique environnementale du président brésilien Jair Bolsonaro et de son gouvernement est très critiquée. La déforestation a accéléré depuis sa prise de pouvoir en 2018.

Keystone

La déforestation en Amazonie brésilienne a baissé de 21% en août par rapport au même mois de l’année dernière. Mais la surface déboisée depuis janvier demeure presque au niveau de 2019, l’année de tous les records.

D’après les données officielles rendues publiques vendredi, la déforestation a atteint 1358 km2 le mois dernier, contre 1714 km2 en août 2019.

Lors des huit premiers mois de l’année, les satellites de l’Institut national de recherches spatiales (INPE) ont identifié 6086 km2 déboisés dans la plus grande forêt tropicale de la planète, une baisse de 5% par rapport à la même période de l’année dernière. Les données disponibles vendredi font état d’un total de 6301 km2 jusqu’au 4 septembre.

Un chiffre déjà nettement au-dessus des 4951 km2 enregistrés pour l’ensemble de l’année 2018, mais aussi des trois années précédentes (3551 km2 en 2017, 6032 km2 en 2016 et 2195 km2 en 2015).

Niveau exceptionnel en 2019

La déforestation avait atteint un niveau exceptionnel en 2019 (9178 km2), la première année du mandat du président d’extrême droite Jair Bolsonaro, très critiqué pour sa politique environnementale.

Depuis que ces données sont compilées, en 2015, «les surfaces déboisées en un mois n’ont dépassé 1000 km2 que sept fois, dont six sous le gouvernement Bolsonaro», a déploré le collectif d’ONG Observatoire du Climat, dans un communiqué.

«La dévastation a atteint un tout autre niveau. Avant Bolsonaro, les moyennes mensuelles pour les mois de mai à septembre, au cœur de la saison sèche, étaient de 600 km2. Ces dernières années, elles ont doublé», a ajouté Marcio Astrini, secrétaire exécutif de ce collectif, qui juge les chiffres du mois d’août «inacceptables».

Les incendies font rage

Comme l’an dernier, les incendies continuent de faire rage en Amazonie, avec déjà 13’810 foyers recensés par l’INPE du 1er au 10 septembre, plus des deux tiers du total enregistré pour tout le mois de septembre 2019. Depuis janvier, 57’823 foyers ont été identifiés, 6% de plus que sur la même période de l’année dernière.

Une situation d’autant plus préoccupante que la fumée provoque des maladies respiratoires, dans le deuxième pays au monde ayant enregistré le plus de morts du Covid-19 (près de 130’000 décès).

Plus au sud, le Pantanal, plus grande zone humide tropicale de la planète et sanctuaire de biodiversité, a enregistré une augmentation de 220% des foyers d’incendie de janvier à août. Et si l’on prend en compte les données jusqu’au 10 septembre, le total (12’703) est déjà supérieur au record absolu pour une année entière, datant de 2005.

DiCaprio s’implique

De nombreuses personnalités, comme l’acteur américain Leonardo DiCaprio, ont partagé sur Twitter la vidéo d’une campagne intitulée «Defundbolsonaro.org», lancée la semaine dernière par plusieurs ONG, appelant à faire dépendre tout investissement au Brésil d’engagements fermes pour la préservation de l’Amazonie.

Cette campagne a pour slogan: «Bolsonaro met le feu à l’Amazonie. Encore. De quel côté êtes-vous?»

Jeudi, le ministre de l’Environnement du Brésil, Ricardo Salles, a invité la star d’Hollywood à «joindre le geste à la parole» en prenant part au programme «Adoptez un parc» qui consiste à contribuer à la préservation de parcs naturels en Amazonie, en «parrainant» un hectare pour 10 euros.

(ATS/NXP)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!