Le cervelas est-il à bout de souffle?: La demande en burgers végétaliens augmente énormément
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Le cervelas est-il à bout de souffle?La demande en burgers végétaliens augmente énormément

De plus en plus de personnes renoncent au lait et à la viande. Cette réalité se matérialise également dans les rayons de Migros et Coop. Les chasseurs de tendances laissent même entrevoir une Suisse sans viande d’ici 2050.

par
Sebastian Sele
Les burgers végétariens sont de plus en plus populaires. Aujourd’hui, un franc sur cinq dépensé en burgers l’est pour des variantes sans viande.

Les burgers végétariens sont de plus en plus populaires. Aujourd’hui, un franc sur cinq dépensé en burgers l’est pour des variantes sans viande.

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Depuis des décennies, la consommation de viande ne cesse de diminuer. En 2020, les Suisses en mangeaient 47,3 kilos par habitant, contre 64,4 kilos en 1980, soit près de 17 kilos de moins aujourd’hui. Cette diminution de l’élevage d’animaux profite bien évidemment au climat.

Dans un rapport, les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations unies expliquent ceci: «Pour atteindre les objectifs climatiques, les émissions de méthane doivent être réduites d’un tiers. Une alimentation avec une faible proportion de viande et de produits laitiers est associée à des émissions de gaz à effet de serre plus faibles.» En Suisse, 4% de la population se nourrit déjà de manière végétarienne et 0,6% de façon végétalienne. Et cette tendance est à la hausse.

Chez Coop, un burger sur cinq est végétalien

Ce trend se reflète dans les rayons de Migros et de Coop. «Au cours des quatre dernières années, notre assortiment à base de végétaux a augmenté de près de la moitié», explique Nadine Riedener, Brand Group Manager chez Coop. Le détaillant a publié début 2022 son deuxième «Plant Based Food Report». On y apprend qu’un franc sur cinq dépensé pour des burgers l’est pour des variantes sans viande. Il y a quatre ans, c’était encore un sur 17. La proportion est similaire pour les alternatives végétales à la saucisse de Lyon et au lait. «Le développement de ces produits a explosé au cours des deux dernières années, explique Nadia Riedener. Nous partons du principe que le marché continuera à croître.»

Migros, aussi, propose déjà plus de 1000 produits végétaliens. «Nous en inventons sans cesse de nouveaux, explique sa porte-parole, Cristina Maurer. Nous voulons ainsi surprendre nos client-e-s et faciliter la vie de celles et ceux qui souhaitent renoncer de temps à autre à des produits d’origine animale.» Récemment, le détaillant a lancé le premier œuf dur au monde entièrement végétalien.

Une Suisse sans viande d’ici 2050

En avril 2022, dix think tanks suisses de premier plan se sont penchés sur la manière de freiner le changement climatique. La position des futurologues de l’Institut Gottlieb Duttweiler (GDI) est que la Suisse doit s’affranchir de la viande d’ici 2050. «Nous n’aurons pas d’autre choix que de passer à des protéines alternatives», souligne Christine Schäfer, du GDI. Le document de travail précise que «la viande issue de la production conventionnelle sera un jour pour nos petits-enfants ce que la cassette audio est pour nous aujourd’hui: une relique hors du temps». On peut également faire une analogie entre le changement alimentaire et le tournant énergétique, où l’on passe des combustibles fossiles aux énergies alternatives.

Mais ce scénario peut-il devenir réalité? En 2021, Boston Consulting a partagé avec ses investisseurs ses prévisions sur l’avenir des substituts de viande et de lait. D’après ce cabinet international, la part de marché mondiale pourrait atteindre 22% d’ici 2035. Toutefois, la croissance dépendra également des conditions générales. Que faut-il faire pour exploiter ce potentiel? La position des spécialistes est claire: «Une taxation globale des émissions de gaz à effet de serre et la redistribution des subventions agricoles.»

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