Actualisé 24.02.2016 à 16:11

KosovoLa démission du gouvernement réclamée

Des tentes ont été installées devant le bâtiment où siège le gouvernement à Pristina.

Des opposants au régime en place ont dressé des tentes pour protester.

Des opposants au régime en place ont dressé des tentes pour protester.

photo: Keystone

Des centaines de sympathisants de l'opposition kosovare ont passé la nuit de mardi à mercredi devant le bâtiment du gouvernement à Pristina. Ils réclament sa démission et l'abandon d'accords visant à la normalisation des relations avec la Serbie.

«Nous ne bougerons pas de là, tant que le gouvernement n'aura pas démissionné. Combien de temps nous allons rester ne dépend pas de nous», a lâché Sherif Beqiri, un étudiant en droit.

L'opposition a annoncé mardi son intention de manifester sans interruption jusqu'à la chute du gouvernement du Premier ministre Isa Mustafa. Elle a dressé face au siège du gouvernement une soixantaine de tentes et procuré de la nourriture et des boissons aux manifestants.

Mardi soir, un écran géant a été installé à cet endroit, permettant aux protestataires de suivre le match de football Arsenal-Barcelone comptant pour la Ligue des Champions.

Accords «mis en oeuvre de force»

«Ce régime a tenté de mettre en oeuvre de force des accords et n'a pas démissionné (...). Nous serons ici 24 heures sur 24, sept jours sur sept», a déclaré un des dirigeants de l'opposition, Ramush Haradinaj.

L'opposition kosovare s'oppose à un accord de normalisation des relations avec la Serbie conclu en 2013 sous la houlette de l'Union européenne qu'elle juge nuisible aux intérêts du Kosovo. Cette ancienne province serbe en majorité peuplée d'Albanais a unilatéralement proclamé en 2008 son indépendance, que Belgrade refuse de reconnaître.

Thaçi ne doit pas être président

Visar Ymeri, du mouvement d'opposition Vetëvendosje (Autodétermination), a, de son côté, annoncé que l'opposition était déterminée à contrecarrer l'intention de la coalition au pouvoir de faire élire dans les prochains jours l'actuel chef de la diplomatie kosovare Hashin Thaçi au poste de président du Kosovo.

Au Kosovo, le président est élu par le Parlement à l'issue de trois tours de scrutin au maximum. En cas d'échec, le Parlement doit se dissoudre et des élections législatives anticipées doivent être convoquées dans un délai de 45 jours.

Vote difficile

Les députés ont jusqu'au 7 mars pour s'acquitter de cette tâche car, en vertu de la Constitution, un nouveau président doit être élu au plus tard un mois avant la fin du quinquennat de la présidente Atifete Jahjaga, soit le 7 avril.

Ce vote s'annonce toutefois difficile, car l'opposition entrave avec succès depuis octobre dernier les travaux du Parlement, notamment en aspergeant de gaz lacrymogène l'hémicycle (cf. photo ci-dessous, crédit AFP).

(NewsXpress)

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