Etats-Unis: La déprime des cadres de la Silicon Valley
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Etats-UnisLa déprime des cadres de la Silicon Valley

Le glamour qui a caractérisé les start-ups technologiques californiennes laisse place a une certaine amertume.

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che/nxp
L'ambiance est branchée et les salaires relativement élevés. Pourtant, de nomvreux employés de la Silicon Valley ne se sentent ni heureux ni valorisés.

L'ambiance est branchée et les salaires relativement élevés. Pourtant, de nomvreux employés de la Silicon Valley ne se sentent ni heureux ni valorisés.

photo: Keystone

Longtemps, on n'a parlé que du salaire, des tables de ping-pong et des cours de yoga gratuits, des snacks artisanaux à volonté et du nettoyage à sec offert sur place. Aujourd'hui, les jeunes cadres des start-ups technologiques prennent aussi conscience de l'envers du décor.

« The Economist» se penche sur les conditions de travail offertes aux talents de la Silicon Valley en citant un sondage du centre TINYPulse, spécialisé dans la satisfaction des travailleurs, mené auprès de 5000 employés de différentes industries: les sondés qui travaillent dans le secteur technologique sont nombreux à se sentir aliénés, pris au piège et pas appréciés à leur juste valeur.

Des gains fabuleux pour quelques «stars»

Seuls 19% de ces derniers se disent «heureux» au travail et seuls 17% s'y sentent valorisés. Et ce, malgré tous les avantages qu'offrent leurs entreprises. Pourquoi un tel fossé?

Le phénomène des «menottes dorées», décrit par Gerald Ledford, de l'école de commerce de l'Université de Californie du Sud, se traduit par l'illusion d'avoir un avantage, note le journal économique: les «vacances illimitées» annoncées par Netflix, signifient «prendre aussi peu de congés que possible et autant que tu oses en demander». Les 20'000 dollars offerts par Facebook à leurs employées pour congeler leurs ovules représentent-ils une aide réelle ou une incitation à le faire?

A cela s'ajoute une «méritocracie» qui écrase sur son passage ceux qui sont «très bons» sans être «les meilleurs». Si les «tech-stars» peuvent espérer gagner des sommes faramineuses (Google aurait notamment offert 3,5 millions en actions à un ingénieur pour éviter qu'il aille travailler chez Facebook), les autres travailleront sans relâche, sans jamais se faire remarquer ni obtenir de remerciements. A ce sujet, la publication d'une enquête du «New York Times», parue en août 2015, sur les conditions de travail offertes par Amazon, géant de l'industrie basé quant à lui à Seattle, avait déjà fait des remous.Actions pas si intéressantes

Enfin, les stocks promis aux employés qui acceptent de travailler comme des fous en échange d'une potentielle fortune quand l'entreprise se lancera en bourse représentent également une possible désillusion: de nombreuses start-ups autrefois prometteuses ont vendu leurs actions à un prix plus bas qu'espéré par les employés ou ont tout simplement abandonné l'idée d'aller en Bourse. D'autres, qui promettent aux nouveaux investisseurs des retours assurés sur leurs fonds, diluent le stock d'options de leurs employés.

Pour «The Economist», «l'industrie technologique offre des gains fabuleux à une poignée de chanceux. (...) Mais les déceptions sont courantes: un travail sans fin qui rapporte peu, et les rêves de réinventer le monde qui se transforment en un autre job difficile et instable.»

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