politique: La dérision contre des affiches choc
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politiqueLa dérision contre des affiches choc

Lancé par deux Genevoises, le Mouvement des créatifs suisses pousse à détourner la communication de l'UDC ou du MCG.

par
Didier Tischler

«Les campagnes de l'UDC ou du MCG sont écœurantes. L'orientation clairement réactionnaire et xénophobe rappelle tristement la propagande fasciste des années 1930, tant dans le choix des formules que dans les codes esthétiques.» Partant de ce constat, deux jeunes trentenaires spécialistes en communication, Chloé Bitton et Marie-Avril Berthet, souhaitent que les créatifs suisses détournent ironiquement ces publicités.

«L'idée est née début novembre en réaction aux affiches antiminarets et à la propagande antifrontaliers», confient-elles. Le duo a envoyé la semaine dernière des centaines de courriels à des graphistes, cinéastes, webmasters, dessinateurs ou encore musiciens. «Les créatifs ont totalement carte blanche, expliquent les deux jeunes femmes. Parmi la douzaine de projets reçus, on voit que les artistes ont de l'imagination!» Pas question de concours avec des prix, mais les travaux seront diffusés sur le web et exposés dans un lieu encore à déterminer.

Si la démarche est bénévole et apolitique – le mouvement ne veut pas être instrumentalisé – la sensibilité du duo est clairement sociale. Elles ne disent pas pour quels partis elles votent, mais laissent entendre que leur choix se porte plutôt sur des formations politiques nettement plus «tolérantes».

«Ironiser ne résout pas les problèmes»

«C’est très amusant au niveau créatif, ça l’est moins en ce qui concerne le message politique», réagit Eric Bertinat. Pour le secrétaire général de l’UDC genevoise, «ce n’est pas en ironisant sur les problèmes que l’on va les résoudre. On ne vit malheureusement pas dans une société où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.»

Eric Stauffer, président du MCG, lui, ne se sent pas concerné. «Nous ne sommes pas racistes ni xénophobes puisque nous défendons les minorités sans distinction», affirme-t-il.

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