La dernière Street Parade?
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La dernière Street Parade?

La 17e Street Parade de Zurich, prévue le 9 août, sera peut-être la dernière édition si les organisateurs n'arrivent pas à endiguer les excès dus à l'alcool

Samedi 9 août, des centaines de milliers de personnes - elles étaient 800 000 en 2007 - se laisseront griser par la musique des 29 «love mobiles» autour de la rade de Zurich, célébreront «l'amitié», le slogan de cette année, l'amour, la paix et la tolérance. Mais certaines se saoûleront aussi avec des substances plus nocives.

L'année dernière, quelque 250 personnes ont dû recevoir des soins parce qu'elles étaient imbibées d'alcool ou de drogue - un peu plus de 100 en 2004. Ces dernières années, les abus de ce genre et les actes de violence qui en découlent ont constamment augmenté, remarque la police.

En 2007, elle a dû intervenir une vingtaine de fois lors de bagarres - deux fois plus qu'en 2004. Cette édition de la Street Parade a été marquée par le meurtre d'un apprenti de 18 ans, tué à coups de couteau par un jeune de 17 ans. Les saisies de drogues et le nombre de dealers arrêtés suivent le mouvement à la hausse.

Menace d'interdiction

Ca ne peut plus continuer comme ça, estime Esther Maurer, responsable municipale de la police. Début mai, elle a menacé de ne plus autoriser la manifestation à l'avenir, tout en concédant que les organisateurs de la Street Parade n'étaient pas responsables de tout ce qui arrivait ce weekend-là.

«Esther Maurer a toujours défendu la manifestation, c'est aussi la seule municipale qui y est présente chaque année», relève Robert Soos, porte-parole de son département. Mais pour elle, la tendance doit se renverser: les excès doivent diminuer, ou du moins ne plus croître de la sorte, explique M. Soos.

«Pas de problème d'alcool»

La menace d'Esther Maurer est «arbitraire», critique le porte- parole de la Street Parade, Stefan Epli. Et de déclarer: «Nous n'avons pas de problème d'alcool et de drogue, ou alors, tout autre organisateur d'une grande manifestation en a un».

M. Epli relève que la Street Parade dure officiellement jusqu'à minuit, alors que les statistiques livrées par la police concernent aussi toute la nuit qui suit. Les organisateurs ne se sentent pas vraiment responsables de l'alcoolisme chez les ravers.

«Nos buvettes (60 cette année) ne vendent que de la bière ou des boissons non alcoolisées, ce n'est pas avec ça que les gens peuvent se saoûler à devoir être pris en charge», déclare M. Epli. Ce qui arrive est que de nombreux jeunes amènent leurs bouteilles d'alcool fort avec eux, preuve en sont aussi les montagnes de verre.

Prévention renforcée

«Aucun autre organisateur ne fait autant de prévention», affirme le porte-parole de la Street Parade. Cette année, elle a été renforcée, en collaboration avec le sponsor principal qui n'est autre qu'un grand producteur de bière - ce qui valu des critiques répétées aux organisateurs.

Quelque 80 jeunes gens de l'organisation EURO 26 ont été engagés pour convaincre les ravers éméchés des vertus de l'eau, de l'eau qui coulera aussi en abondance grâce aux fontaines de l'EURO 2008, toujours en place. Comme les années précédentes, les boissons non alcoolisées seront vendues moins cher que la bière.

Pour lutter contre l'alcool, la municipalité a de son côté interdit aux tenanciers du centre-ville d'installer des bars dans la rue. Elle ne s'est laissée ébranler ni par une pétition ni par un comité d'opposition réunissant des politiciens de tous bords.

(ats)

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