Actualisé 23.01.2009 à 08:06

Ski alpinLa descente entre risques et attente

L'accident du Suisse Daniel Albrecht, jeudi à Kitzbühel, et l'abondance de neige qui oblige les dames à ronger leur frein à Cortina d'Ampezzo, ont rappelé que la descente restait une activité extrême de montagne, soumise aux risques de la vitesse et caprices du temps.

«C'est un sport dangereux, qui exige aussi des nerfs solides pour dominer l'attente», a estimé l'Italien Kristian Ghedina. D'autant qu'avec ses 13 victoires en Coupe du monde (dont 12 descentes) et ses nombreuses chutes, «Ghedo», à la retraite depuis 2006, est bien placé pour évoquer les deux versants du descendeur: la vitesse et l'attente. Mercredi, il a même prêté son concours aux équipes qui déblayaient la piste des Tofane à Cortina, recouverte de 140 centimètres de neige. Il a évoqué notamment les journées de report de la descente lors des JO-1998 à Nagano (Japon) qui avaient produit le vol plané impressionnant du favori autrichien Hermann Maier et la victoire inattendue du Français Jean-Luc Crétier. MétéoCette saison, les descendeuses n'ont pas été gâtées par la météo. Les épreuves de Lake Louise (Canada) et St Moritz (Suisse) ont ainsi été annulées, tout comme l'entraînement jeudi, en vue des descentes de Cortina d'Ampezzo. «On a un peu l'habitude. Il faut veiller à ne pas perdre d'énergie, à se consommer», a expliqué la Française Marie Marchand-Arvier. «On a disputé seulement quatre épreuves de vitesse, entre descente et super-G, alors qu'on est à mi-saison», a remarqué pour sa part l'Américaine Lindsey Kildow, lauréate de la Coupe du monde et reine de la descente. «Les polyvalentes sont peut-être un peu plus contentes, ça leur permet de se reposer. Sinon, on emploie le temps à revoir des vidéos, à jouer au volley-ball. Après l'annulation du 1er entraînement, mardi, je suis allée faire quelques manches de slalom géant pour épargner mon dos», a souligné, souriante, l'Italienne Lucia Recchia. A Wengen, où la descente la plus longue du circuit (4.480 m) a eu lieu samedi dernier, le traceur Helmut Schmalzl avait admis que, «malgré les aménagements effectués sur les pistes, la descente reste le sport le plus dangereux». «Plus que la Formule 1 et le motocyclisme où les pilotes sont protégés par des coques et, autour, par des bacs de sable et un espace de sécurité», avait-il précisé. SurviePour sa survie, un descendeur ne dispose que d'un casque et d'une protection dorsale. A 140 km/h, on est loin de l'assurance tous risques. Même si la Fédération internationale de ski (FIS) s'est employée depuis quelques années à sécuriser les compétitions en élargissant les pistes et en donnant plus d'angle aux courbes dans le souci évident de limiter les vitesses. Les fabricants, pour leur part, ont réduit l'échancrure des skis. Mais l'accident d'Albrecht, qui souffre d'un traumatisme crânien avec une hémorragie cérébrale, d'une fracture du nez et de contusions à un poumon, est plus imputable à la fatigue. Le Suisse a décollé sur le dernier saut, alors que les jambes, laminées par l'intensité de l'effort prolongé, ne contrôlent plus rien. «La dernière bosse est sympa, mais elle peut être terrible malheureusement», a confirmé le Français Adrien Théaux. «La Streif est à la fois la piste la plus connue et la plus difficile. C'est un rapport particulier haine/amour», a ajouté Ghedina, lauréat 1998 sur le toboggan autrichien. (afp)

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