26.07.2020 à 05:15

Coronavirus

«La deuxième vague arrive également en Suisse»

Alors que le nombre d’infections est en augmentation et que le traçage atteint ses limites, un infectiologue s’exprime sur la situation dans notre pays.

de
Joel Probst/pac
Les événements où les règles de distanciation sociale ne sont pas respectées représentent un danger pour une recrudescence du virus.

Les événements où les règles de distanciation sociale ne sont pas respectées représentent un danger pour une recrudescence du virus.

Lecteur-reporter

Alors que le Premier ministre du Land de Saxe, dans l’est de l’Allemagne, a déclaré que la deuxième vague de coronavirus était déjà là, «20 Minuten» a fait le point avec Andreas Cerny, infectiologue à l’hôpital de Lugano.

Monsieur Cerny, quelle est la situation en Suisse?

La deuxième vague arrive également en Suisse. On observe une tendance à l’augmentation des infections. Il y a quelques semaines, nous comptabilisions une vingtaine de nouveaux cas positifs par jour. Mais à présent, sur une semaine, la moyenne de nouvelles personnes contaminées par jour dépasse la centaine. Cependant, la Suisse n’a pas encore de résultats très élevés, comme en Israël par exemple.

Pourquoi?

Les mesures de traçage, en particulier, nous protègent d’une hausse rapide de nouveaux cas. De plus, les mesures comme l’obligation du port du masque dans les transports publics ou dans certains magasins permettent de contenir la pandémie. Cependant, dès qu’il n’est plus possible de remonter les chaînes de contagion, la situation devient problématique. Les personnes possiblement touchées ne peuvent pas être averties et vont continuer à se comporter normalement, propageant le virus. Ce qui engendre immanquablement une hausse de cas positifs.

Combien de temps les mesures permettant le traçage vont-elles encore être efficaces?

Pour le moment, cela fonctionne bien. Mais il y a certains signaux alarmants. Par exemple, le canton des Grisons a dû faire appel exceptionnellement à du personnel supplémentaire pour remonter les chaînes de contagion. Cela signifie que la main d’oeuvre destinée à cette tâche commence à être dépassée. C’est un travail extrêmement long et fastidieux.

Samedi, l’OFSP a fait état de 148 nouveaux cas positifs. Est-ce préoccupant?

Nous préférons les nombres à deux chiffres. Il y a à peine deux semaines, le taux de reproduction du virus était de 1, ce qui signifie que chaque personne positive en infecte une autre. Ce ratio doit être plus élevé aujourd’hui, ce qui implique que, fondamentalement, l’épidémie n’est pas sous contrôle. Néanmoins, et c’est le point positif, les chiffres sont relativement stables.

Le nombre de personnes touchées par le virus va-t-il augmenter?

Cela dépend de la rapidité avec laquelle les mesures contre le virus, comme le port obligatoire du masque dans des espaces clos, vont être prises en cas d’épidémies locales. Pour le moment, les stratégies pour contenir la propagation du Covid-19, ont porté leurs fruits. Les médecins cantonaux ont fait du bon boulot.

Où se situent les principales menaces?

Les déplacements des Suisses pourraient devenir un problème. Surtout les personnes qui reviennent des pays à risque. Le fait que l’obligation de quarantaine ne soit pas contrôlée systématiquement signifie qu’il existe un certain risque que le virus soit propagé par ces gens. Les événements où les règles de distanciation sociale ne peuvent pas être respectées, comme les boîtes de nuit, représentent également un danger pour une recrudescence du virus. S’il faut régulièrement à plusieurs centaines d’individus, cela peut vite devenir compliqué.

Mauro Poggia, conseiller d’Etat chargé de la santé, le médecin cantonal Jacques-André Romand et Adrien Bron, directeur général de la santé, l’ont annoncé vendredi: les masques seront obligatoires dans les commerces dès mardi 28. Une augmentation significative des cas de Covid-19, dont 46 ces dernières 24 heures, a décidé le Conseil d’Etat à mettre en place de nouvelles mesures.

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573 commentaires
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Philippe Aebi

27.07.2020 à 19:39

Que veut dire pour vous les médias, liberté d'expression ???? Le Matin ou vous le 20 Minutes, les mêmes petites quéquettes qui n'osent pas afficher les commentaires de tous...Et de plus moi je mets nom et prénom !

Marcel LEGROLAT

27.07.2020 à 15:37

Il faut refermer certaines frontières

Astra

27.07.2020 à 12:42

Ce virus offre un meilleur pronostic que la connerie, qui elle est totalement incurable. En revanche la présence en nombre et simultanée des deux pathologies me fait craindre le pire malgré toutes les mesures sanitaires possibles imaginables.