Technologie: La difficile parade contre la menace des petits drones

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TechnologieLa difficile parade contre la menace des petits drones

Comment repérer un engin lent et volant à faible altitude et le neutraliser sans qu’il ne cause de dommages? 

AFP

Tentatives d’attentat, survol d’aéroports et de plateformes pétrolières, livraisons dans une prison avec des portables, les petits drones constituent un casse-tête pour tenter de s’en protéger. S’ils peuvent s’acheter à des fins personnelles, ils donnent également des sueurs froides.

Ainsi de la perspective de la Coupe du monde de rugby et des Jeux olympiques de Paris 2024. De l’usage massif de petits drones kamikazes, parfois en essaims, pendant le conflit du Haut-Karabagh en 2020 et de l’utilisation en Ukraine de drones commerciaux pour la reconnaissance ou le ciblage constituent de nouvelles vulnérabilités.

Se prémunir contre les drones de petite taille, dont le nombre ne cesse d’augmenter, tiendrait de la mission quasiment impossible. Quel est l’état actuel de la technologie de lutte contre les drones? Question posée par la Confédération. Le ministère français des Armées doit quant à lui recevoir en début d’année les six premiers systèmes de lutte antidrones, neuf mois après la passation d’un contrat attribué aux groupes Thales et CS group.

«Une approche multicapteurs»

«Entre le moment où l’on détecte le drone et celui où il arrive sur sa cible, l’opérateur dispose d’une trentaine de secondes», selon Egidio Cau, directeur adjoint de la lutte antidrones chez CS group. Pour couvrir de plus grandes zones, plusieurs systèmes peuvent être interconnectés. Une des difficultés est d’éviter les fausses alarmes car «pour un radar, il n’y a rien qui ressemble plus à un drone qu’un oiseau», relève son adjoint Tony Valin.

Reste que les défis technologiques restent immenses, concède-t-il. La quasi-totalité des drones commerciaux sont pilotés à distance et émettent donc des ondes qui peuvent être brouillées. Mais l’autonomie croissante des drones, dont la trajectoire est prédéterminée et qui n’émettent alors plus d’ondes électromagnétiques, les affranchit de ce brouillage. Un laser, capable de griller en moins de dix secondes un drone à 1000 mètres, devrait être disponible en 2024.

Thales planche de son côté sur un «effecteur électromagnétique», sorte de grosse boule qui émet une onde puissante à plusieurs centaines de mètres contre un drone, le rendant inopérant en une seconde. D’autres ajouts potentiels pourraient être des drones intercepteurs qui jetteraient un filet sur le drone hostile ou des drones brouilleurs.

Des études sont par ailleurs menées sur la détection acoustique des drones. Pour Egidio Cau, «il faut une approche multicapteurs, il n’y a pas de système magique».

(AFP)

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