Genève : «La direction de l'office est inexistante»
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Genève «La direction de l'office est inexistante»

Une réorganisation complète: c'est ce que recommande un audit accablant sur le fonctionnement de l'office pénitentiaire genevois.

Selon le rapport rendu public jeudi, l'organisation de l'office pénitentiaire est inadaptée.

Selon le rapport rendu public jeudi, l'organisation de l'office pénitentiaire est inadaptée.

Un audit demandé par la conseillère d'Etat Isabel Rochat épingle la direction générale de l'office pénitentiaire genevois. Le rapport rendu public jeudi préconise une réorganisation complète de cet office. Première mesure concrète: la nomination d'une directrice générale ad intérim.

La direction générale de l'office pénitentiaire (OFPEN) est actuellement inexistante, a relevé Moreno Sella, l'un des deux auteurs de l'audit. L'organisation globale n'est pas adaptée et l'OFPEN se compose d'une mosaïque d'entités indépendantes, a-t-il ajouté en insistant aussi sur le manque de communication entre les services.

En arrêt

Une réorganisation complète est nécessaire pour assurer l'avenir de cet office et surtout lui permettre, à terme, de faire face sereinement à la gestion de plus de 300 places de détention supplémentaires, estime la cheffe du Département de la sécurité (DSPE). En 2016, les estimations prévoient un total de 857 places de détention, avec la réalisation notamment des projets Curabilis et New Medico.

Isabel Rochat a annoncé dans la foulée la nomination de Sandra Favre de Oliveira au poste de directrice ad intérim. Cette dernière travaille déjà à l'OFPEN en tant que responsable administrative et financière et remplacera le directeur général qui est en arrêt maladie depuis novembre dernier pour une durée indéterminée.

Deux coachs

La responsable ad intérim de l'OFPEN sera aidée par deux spécialistes du domaine pénitentiaire, Henri Nuoffer, secrétaire général de la conférence latine de justice et police et du consultant Marcel Scheibler, ex-directeur du service pénitentiaire neuchâtelois. Ils devront mettre sur pied la réorganisation.

Cette restructuration passe par la suppression de l'actuelle direction du Service des établissements de détention et des peines alternatives, le SEDPA. Cette direction est trop éloignée de la réalité du terrain, selon les auditeurs. A plus long terme, il est aussi envisagé que les petits établissements du SEDPA, tels que le Vallon ou Riant-Parc, soient soumis à une gestion commune voire même regroupés.

Conclusions identiques

Walter Scheibler, l'un des coachs de la directrice ad intérim et auteur de l'audit, a présenté quelques exemples flagrants du manque de coordination en matière de gestion au sein de l'OFPEN qui regroupe 542 postes à plein temps. Le salaire d'un surveillant de maison d'arrêt au bénéfice d'une formation identique varie au sein d'un même établissement, relève-t-il.

Les mesures contre les incendies exigées pourtant à plusieurs reprises par la police du feu ne sont toujours pas réalisées dans certains établissements, déplore M.Scheibler. Des tranches horaires de surveillance surtout la nuit sont assumées par une seule personne, dont l'état de fraîcheur met en question la capacité de réagir en cas de problème, souligne ce spécialiste du monde carcéral.

Ces dysfonctionnements ont déjà été dénoncés à multiples reprises par la Commission des visiteurs officiels (CVO) du Grand Conseil. En vain. «C'est dommage d'avoir dû en arriver là, mais c'est un soulagement que cet audit aboutisse aux mêmes conclusions et que des mesures soient enfin prises», a relevé la socialiste Loly Bolay, rapporteuse de la CVO. (ats)

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