Actualisé 25.05.2018 à 09:06

Delémont (JU)La disco gratuite en minijupe fait un tollé

Accusé de sexisme sur internet, le roi des nuits jurassiennes a dû modifier son affiche qui promettait l'entrée gratuite aux filles en minijupe. Et il plaide non coupable!

von
Vincent Donzé
Au Stage Club de Delémont, le patron Franco Vinciguerra et le gérant Loïc Siegenthaler s'affichent sereinement.

Au Stage Club de Delémont, le patron Franco Vinciguerra et le gérant Loïc Siegenthaler s'affichent sereinement.

Laurent Crottet

Pour la disco en vogue à Delémont, le graphiste a traduit ainsi l'intention du DJ: «Gratuit pour les filles en minijupe.» Le tollé a tout de suite enflammé la Toile. «Vos délires là, ça banalise le sexisme», «Le Stage a toujours été un endroit où le sexisme a sa place», pouvait-on lire hier.

«La gratuité pour les filles en minijupe, c'était une indélicatesse», reconnaît le patron, Franco Vinciguerra. La faute à un graphiste chargé de traduire l'intention d'un DJ, lequel a essaimé son concept dans d'autres discos romandes sans réprimande? Le patron ne se dérobe pas: «Ce n'était pas subtil, mais j'ai validé le bon à tirer.» «Une gratuité pour les minijupes sans mention des filles, ç'aurait été sexiste?» demande avec malice de patron du Stage Club. «On ne voulait pas inciter les femmes à porter des minijupes, mais offrir l'entrée gratuite à celles qui en portent à notre plage, un espace à ciel ouvert intégré au Stage Club.»

Blagues salaces

Son affiche pour samedi prochain promet désormais la gratuité «pour les filles jusqu'à 1 h». «On dit une femme, pas une fille!» riposte une internaute. Et d'ajouter deux remarques: «Les femmes sont aussi capables de payer leur entrée et leurs consommations. Et elles ne sont pas des appâts.»

Des appâts? «Une femme danse plus facilement qu'un homme, ce qui met de l'ambiance, c'est tout», commente Franco Vinciguerra. «Du sexisme, du très grand sexisme», assène un lecteur de «20 minutes». Le patron du Stage Club n'en revient pas. «Notre club est le meilleur endroit pour se sentir en sécurité. Un geste déplacé, et son auteur est expulsé. Allez voir dans les fêtes de village» réplique Franco Vinciguerra. Des affiches, le Stage Club en produit trois par semaine. Il y a eu la White Party gratuite pour les clients habillés en blanc, mais aussi des soirées «décolleté» et «maillot de bain», sans distinction de sexes. Il y aura bientôt les nuits «Mondial», gratuites pour les porteurs d'un maillot.

Franco Vinciguerra tord aussi le cou aux affirmations de ceux qui disent entendre des blagues salaces. «Quand un DJ demande s'il y a des célibataires, c'est sexiste?» Le patron du Stage Club affirme aussi que ses portiers exigent une carte d'identité, 16 ans révolus.

Sexiste, le patron? «Pour ma femme et mon fils de 17 ans, c'est n'importe quoi! répond-il. Ces attaques me chagrinent. Moi qui anime les nuits jurassiennes depuis quinze ans, à force de travail, je le dis aux parents: chez moi, vos enfants sont encadrés!»

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