Étude: La discrimination existe aussi dans le recrutement en ligne
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ÉtudeLa discrimination existe aussi dans le recrutement en ligne

Des scientifiques soutenus par le Fonds national suisse ont étudié à large échelle la discrimination à l’embauche. Il s’avère que l’origine et le genre des candidats peuvent les pénaliser.

Les chercheurs ont analysé quels candidats étaient retenus pour un entretien d’embauche mais aussi la manière dont les personnes chargées du recrutement les choisissaient.

Les chercheurs ont analysé quels candidats étaient retenus pour un entretien d’embauche mais aussi la manière dont les personnes chargées du recrutement les choisissaient.

FNS

Une étude soutenue par le Fonds national suisse (FNS) et dont les résultats viennent d’être publiés dans la prestigieuse revue Nature montre que le recrutement en ligne n’exclut pas la discrimination. L’origine des candidats peut les pénaliser, en particulier à certains moments de la journée.

Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques ont passé au crible plus de trois millions de cas en dix mois. Ils ont eu accès aux données anonymisées de la plateforme web d’emploi Job-Room, une des plus grandes en Suisse, et ont pu observer la sélection réelle des candidats, écrit le FNS dans un communiqué.

Balkans, Afrique et Moyen-Orient

Les chercheurs ont analysé quels candidats étaient retenus pour un entretien d’embauche mais aussi la manière dont les personnes chargées du recrutement les choisissaient. Ils ont mis en évidence que les personnes d’origine étrangère étaient contactées pour un entretien en moyenne 6,5% moins souvent que les Suisses. «Une pénalité particulièrement marquée chez les personnes originaires des Balkans, d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie», souligne Daniel Kopp, économiste au Centre de recherches conjoncturelles de l’ETH Zurich et l’un des auteurs de l’étude.

Les chercheurs ont aussi montré que les recruteurs consacraient moins de temps à évaluer les CV des ressortissants étrangers en fin de matinée et en fin de journée. Un comportement qui renforce l’hypothèse d’une discrimination inconsciente, estiment-ils.

En revanche, les scientifiques n’ont pas mis en évidence de discrimination liée au genre. Toutefois, les femmes sont davantage discriminées dans les professions dites masculines (elles sont contactées 7% souvent) et les hommes dans les professions majoritairement féminines (ils sont contactés 13% moins souvent). Des résultats «qui montrent que certaines personnes chargées du recrutement ont du mal à s’affranchir des rôles de genre traditionnels».


(cht/comm)

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