Mal du siècle: La dispersion empoisonne le travail
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Mal du siècleLa dispersion empoisonne le travail

De plus en plus de salariés se plaignent d'un déficit d'attention. Un mal qui n'épargne quasiment personne selon le quotidien «Le Monde».

par
cst
Avez-vous remarqué que nous retenons tous notre respiration quand nous vérifions nos mails?

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Qu'ils soient avocat, chef d'entreprise ou consultant, ils sont nombreux à se sentir saturés d'informations et de sollicitations au boulot. Victimes du «syndrome de dispersion», ces personnes peinent à garder leur attention et à résister aux hypersollicitations de leur entourage. Selon les dires d'une sociologue, la dispersion «est de plus en plus présente au travail mais la situation est assez invisible.» Difficile en effet d'oser «avouer à son patron qu'on travaille en mode multi-zapping», lâche cet employé d'une grande organisation internationale. Erigée en qualité, la réactivité demandée chez le collaborateur met souvent en péril la productivité.

Les travailleurs ne sont pas tous égaux face à ce phénomène. Parmi les plus touchés, les personnes âgées de plus de cinquante ans sont les plus nombreuses. L'explication du psychiatre est sans appel: «Les jeunes peuvent plus aisément switcher puisque leur plasticité cérébrale leur permet de passer plus facilement d'un acte à un autre».

Des solutions existent néanmoins. Célèbre psychologue, Christophe André recommande vivement la pratique de la méditation pour apprendre à gérer les pensées parasites. Interrogé dans le magazine «Psychologies» d'octobre, il avoue s'être imposé une hygiène de vie stricte pour pouvoir gérer le stress et les impératifs du quotidien. Aux Etats-Unis, le prospectiviste Alex Soojung-Kim Pang invite à "repenser notre relations aux nouvelles technologies afin de ne plus les subir" grâce au «contemplative computing». L'idée est de limiter l'impact négatif du travail sur ordinateur grâce à la technique de la «pleine conscience». «On dit souvent que nous sommes dans l'âge de l'information, alors qu'on a plutôt l'impression d'être dans l'âge de la distraction», lance-t-il avec ironie.

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