Suicides par armes à feu: «La disponibilité directe d’une méthode augmente le risque»

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Suicides par armes à feu«La disponibilité directe d’une méthode augmente le risque»

Les spécialistes du suicide confirment la thèse avancée par un chercheur néerlandais. Plus il y a d’armes, plus il y a de suicides. Et les restreindre n’implique pas que les personnes chercheront d’autres moyens.

Le constat du chercheur vaut autant pour la Suisse que pour les États-Unis.

Le constat du chercheur vaut autant pour la Suisse que pour les États-Unis.

Armée suisse

En Suisse, un tiers (33,6%) des hommes qui s’ôtent la vie le font avec une arme à feu, alors que la moyenne européenne est de 9,7%. Telle est l’observation d’un chercheur de l’Université de Groningue, aux Pays-Bas. Il s’est rendu compte que, après la baisse des effectifs de l’armée en 2003, «le taux de suicides des hommes (mais pas celui des femmes) a baissé de 8%, sans aucune preuve de substitution par d’autres moyens de suicide».

Le constat est soutenu par Stop Suicide, qui ne cesse de tenter de déconstruire les mythes. Retirer les armes à feu des hommes? Ils trouveront autre chose pour se donner la mort, est-il souvent avancé. Faux, disent les spécialistes. «La recherche scientifique montre que l’effet de report vers une autre méthode est faible ou nul», note Stop Suicide dans un dossier sur la thématique.

«La disponibilité directe d’une méthode augmente le risque. La personne peut agir de façon impulsive et se focaliser sur un moyen en particulier. Une méthode très accessible accroît le risque de passage à l’acte et une méthode très létale accroît le risque de décès.» Le débat surgit aussi fréquemment au sujet des barrières sur les ponts ou le long des voies ferrées. Les placer n’implique pas que les personnes iront chercher un autre moyen à tout prix, rappellent les spécialistes du suicide.

L’armée muette

Si les Suisses ont autant d’armes, c’est parce que les hommes les conservent après le service militaire. En 2011, le peuple avait refusé une initiative qui visait à en réduire la disponibilité, soutenue par Stop Suicide. Contactée, l’armée ne veut pas commenter l’étude. D’une part, elle ne la connaît pas; d’autre part, elle ne dispose pas de «chiffres fiables», les polices cantonales ne lui remontant pas les cas d’abus d’utilisation de l’arme de service.

Pensées suicidaires? Faites-vous aider.

(ywe)

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