France: La distribution d'argent annulée débouche sur une plainte
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FranceLa distribution d'argent annulée débouche sur une plainte

Une plainte a été déposée lundi par le ministère français de l'Intérieur contre une société internet.

Elle est mise en cause pour de violents incidents provoqués à Paris par l'annulation d'une opération publicitaire de distribution d'argent liquide.

La plainte contre Mailorama.fr a été déposée auprès du procureur de Paris, a dit le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux. «J'ai effectivement décidé de présenter la facture à cette société. Il n'est pas question que ce soit le contribuable qui paye», a-t-il dit sur la radio Europe 1.

Il a annoncé par ailleurs qu'il entendait faire voter une réforme faisant de la distribution d'argent liquide un délit puni de six mois de prison et non plus une contravention passible d'une amende de 150 euros. Cette réforme serait adoptée sous forme d'amendement à un projet devant être examiné en début d'année prochaine au Parlement, a-t-il précisé.

La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, avait laissé entendre durant le week-end qu'une plainte n'était pas juridiquement possible. «Nous travaillons en totale confiance», a assuré Brice Hortefeux.

Accusation lancée

L'avocat de Mailorama, Me Jean-Marc Fedida, a estimé que la préfecture de police était responsable des incidents car elle avait tardé à annuler la manifestation, d'abord autorisée, et n'avait pas rempli sa mission de maintien de l'ordre.

«Oui, l'opération était provocatrice, oui, elle était insolente. En utilisant le vecteur de l'argent, il y avait quelque chose qui dérangeait les habitudes. Mais Mailorama n'est pas l'inventeur de ce concept», a-t-il dit.

Les autorités accusent Mailorama d'avoir provoqué les incidents par une démarche jugée irresponsable en pleine crise économique.

Le dispositif mis en place près de la tour Eiffel pour contenir la foule a été rapidement débordé, des magasins ont été vandalisés, des vitrines brisées et des véhicules endommagés. Plusieurs personnes ont été interpellées.

Mesure évoquée

Deux d'entre elles seront jugées en correctionnelle pour dégradations le 13 janvier, un troisième suspect, mineur, comparaîtra devant un tribunal pour enfants, a indiqué une source judiciaire.

L'opération, qui aurait consisté à distribuer aux passants à partir d'un bus des «bourses» contenant entre 5 et 500 euros, pour un total de 40 000 euros, avait été déclarée en préfecture le 10 novembre, a dit Me Fedida.

Samedi, alors que l'opération commençait, la préfecture a décidé de l'interdire en raison du début des incidents, mais trop tard, a-t- il aussi précisé. Pour l'avocat, «tout cela n'a pas été suffisamment anticipé et prévu par les personnes qui sont en charge du maintien de l'ordre à Paris». Il estime qu'il n'y a pas de délit qui puisse être retenu contre Mailorama.

Les 40 000 euros prévus pour l'opération seront remis au Secours populaire, a dit l'avocat de Mailorama. Filiale du groupe Rentabiliweb, la société exerce une activité appelée «cashback», qui consiste à rémunérer les internautes qu'elle parvient à diriger vers des sites commerçants. (ats)

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