Actualisé 05.05.2014 à 16:21

EconomieLa diversification garante de la prospérité vaudoise

La promotion économique vaudoise a attiré 36 nouvelles entreprises l'an dernier. Le Canton a soutenu 195 sociétés déjà installées sur sol vaudois. Un économiste socialiste émet des bémols.

de
ats/fnt

En 2013, le canton de Vaud a continué de miser sur «ce qui a fait son succès», la diversification de son tissu économique, selon le conseiller d'Etat Philippe Leuba, lundi. Mais la prospérité reste fragile. L'année dernière, 36 entreprises se sont installées dans le canton, contre 39 en 2012. Elles prévoient de créer 557 emplois d'ici cinq ans, un chiffre en légère baisse par rapport à 2012 (590), a indiqué indiqué hier le département cantonal de l'Economie.

La promotion économique a continué d'allouer davantage de moyens au développement d'entreprises endogènes qu'à l'accueil de sociétés venues de l'étranger. Les entreprises déjà présentes dans le canton ont reçu 7,3 millions de francs en 2013, tandis que 2,6 millions ont été consacrés à l'accueil d'entreprises étrangères (lire encadré).

Le Canton a ainsi soutenu 486 projets portés par 195 entreprises vaudoises actives dans des secteurs technologiques ou industriels. Ils représentent 2338 emplois.

Stabilité et équilibre

Ce qui est significatif, c'est tout d'abord la stabilité, a déclaré Philippe Leuba, chef du Département vaudois de l'économie et du sport. Chaque année depuis douze ans, 5500 places de travail sont créées en moyenne dans le canton, a rappelé le conseiller d'Etat. «C'est spectaculaire».

La répartition des nouvelles entreprises est plus équilibrée; en 2013 on en compte plus dans le Nord Vaudois et moins sur la Côte, a-t-il fait remarquer. Le conseiller d'Etat s'est néanmoins réjoui de l'installation à Eysins de l'entreprise Quotient qui offrira 130 emplois à terme dans la recherche pharmaceutique, après les départs de Shire et de Yahoo.

Le canton accueille plus de centres de recherche et développement, plus de sites de production et moins de quartiers généraux, a-t-il constaté. C'est le fruit de la politique de diversification voulue par le Conseil d'Etat. Grâce à elle, Vaud est notamment devenu le 4e canton exportateur de Suisse.

Fragilité de la croissance

Il ne faut pas se cacher que malgré cette stabilité, la prospérité reste fragile, compte tenu notamment du cours élevé du franc suisse et de la dépendance à l'exportation, a poursuivi Philippe Leuba. En cause également, les incertitudes liées à la votation du 9 février.

Celles liées à la fiscalité des entreprises étrangères ont pu être levées grâce à la feuille de route du Conseil d'Etat qui prévoit un taux de 13,8%. Le geste a été apprécié par les entreprises étrangères, a noté Philippe Leuba.

Encouragement

A ses yeux, la diversification doit rester la préoccupation des autorités. Elle se déploie par un appui marqué à l'industrie, aux PME, start up et multinationales, ainsi qu'aux marchés qu'ils soient internes ou tournés vers l'exportation.

Le canton encourage ainsi, parmi d'autres, les entreprises technologiques de pointe notamment soutenues à travers Innovaud, en agissant sur le potentiel considérable représenté par les Hautes Ecoles.

«Nous sommes déjà trop dépendants d'entreprises qui peuvent menacer de quitter le territoire»

Si l'économiste et député socialiste au Grand Conseil vaudois Samuel Bendahan déclare se réjouir de cette économie cantonale en excellente santé, il se dit aussi inquiet de la «trop grande dépendance» du canton face à des entreprises qui peuvent menacer de quitter le territoire. «Les PME, qui devraient être davantage soutenues, elles, ne peuvent pas menacer de partir, souligne-t-il. On fait beaucoup pour l'innovation, et c'est très bien. Cependant, on fait beaucoup pour les sociétés en bonne santé, mais nous ne sommes pas assez équipés en cas de crise.» Auteur d'un postulat rejeté de justesse en septembre 2013 par la majorité de droite au Grand Conseil vaudois, Samuel Bendahan demandait notamment de faire «plus de cautionnements, plus de prêts pour des entreprises dans le besoin, et de créer un fonds de soutien en cas de crise». Il persiste dans cette voie: «Les montants alloués à la promotion économique sont insuffisants, surtout en comparaison des montants de rabais d'impôts ou d'exonérations offerts aux sociétés profitables. Seulement quelques millions.» Et de faire une allusion aux prochaines votations du 18 mai: «Dans le débat sur le salaire minimum, on n'arrête pas de parler des coiffeurs, des agriculteurs et des restaurateurs qui n'arrivent même pas à payer des salaires décents. Pourquoi n'y a-t-il rien pour eux dans la promotion économique?»

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!