Actualisé 27.05.2009 à 06:30

Université de LausanneLa divison des cellules est un processus autonome

Une seule cellule est capable de savoir, sans aucun signal externe, quand elle est assez grande pour pouvoir se diviser.

C'est ce que viennent de démontrer des chercheurs de l'Université de Lausanne (UNIL) à l'exemple de la levure.

Au Centre intégratif de génomique de l'UNIL, le groupe de Sophie Martin a étudié comment les cellules évaluent leur propre dimension et déterminent le moment à partir duquel elles peuvent se diviser. En effet, une cellule trop petite ne peut assurer une transmission adéquate des informations nécessaires pour que les deux cellules nées de sa division soient fonctionnelles.

Les chercheurs se sont penchés sur la levure, un champignon unicellulaire. Ses caractéristiques en font un modèle intéressant en recherche fondamentale: elle fait partie des eucaryotes, au même titre que les plantes et les animaux. Du point de vue génomique, la levure est donc relativement proche de l'homme, par opposition notamment aux bactéries, des procaryotes bien plus éloignés.

Organisation des molécules

L'étude de la Pr Sophie Martin et de sa collaboratrice Martine Berthelot-Grosjean, publiée mercredi dans la revue «Nature», montre que le lien entre taille et division est dû à la façon dont sont organisées physiquement les molécules à l'intérieur de la cellule, a indiqué l'UNIL dans un communiqué.

Une protéine (Pom1) est ancrée aux extrémités de la cellule et son action se diffuse à partir de ces points d'ancrage. Quand la cellule est petite, la diffusion assure que la présence de Pom1 est «sentie» dans toute la cellule, et celle-ci continue à grandir sans songer à se diviser.

Mais lorsque la cellule est plus grande, son centre se retrouve trop éloigné des points d'ancrage de cette protéine pour pouvoir détecter sa présence. L'absence de l'effet Pom1 est ainsi interprétée au centre de la cellule comme un signal qui met en route les processus de division.

Les chercheurs vont maintenant étudier si ce processus de régulation interne est également actif dans des organismes multicellulaires. La régulation de la prolifération cellulaire est en effet un processus capital. Comprendre ces mécanismes permet de mieux appréhender certains dérèglements du comportement cellulaire comme le cancer.

(ats)

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