Lausanne: La droite «fait» la poutze après la manif de gauche
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LausanneLa droite «fait» la poutze après la manif de gauche

Les jeunes libéraux-radicaux vaudois ont suivi le cortège de près, munis de sacs poubelles pour nettoyer les rues. Mais leur chasse a été infructueuse.

par
Yannick Weber

Lors de la manifestation pour le climat, qui a réuni près de 8'000 participants samedi à Lausanne, la tonalité des discours et des slogans était très marquée à gauche. On y tapait volontiers sur les multinationales, les patrons, le capitalisme ou l'Etat, responsables selon les orateurs de la débâcle climatique.

La manif a été propre

Mais discrètement, talonnant de près l'arrière du cortège, une petite équipe d'une dizaine de personnes cheminait, sacs poubelles à la main et gants bleus pour ramasser les déchets. Derrière l'initiative: les Jeunes libéraux-radicaux vaudois. «On ne se reconnaît pas dans cette manifestation, mais nous voulions mener une action concrète pour le climat», explique Maxime Meier, vice-président du parti.

Mais la pêche a été bien maigre et la dizaine de militants sont arrivés à la place de la Riponne avec des sacs presque vides, avant de repartir sans aller écouter les discours. Et pour cause: à l'intérieur même du cortège, plusieurs manifestants, toutes générations confondues, étaient eux-mêmes venus avec des sacs et des gants, l'œil à l'affût de tout abandon sauvage de déchets.

Bien peu de canettes de bières ou de gobelets du McDo ne jonchaient le sol: les manifestants se sont bien tenus et les rues étaient propres. Il ne restait rien à ramasser pour les jeunes PLR, qui s'en sont réjouis: «Nous sommes heureux que les messages invitant les participants à faire attention à cela aient été entendus», poursuit Maxime Meier.

«Le ramassage des déchets n'a rien à voir»

L'action était commentée par certains des manifestants. «Ils viennent se faire un coup de pub, alors qu'ils votent contre toutes les mesures favorables au climat et que le ramassage des déchets n'a rien à voir», estime l'une d'elles. «Tant qu'ils se rendent utiles, peu importe qu'ils soient de droite», contrebalance un autre.

Les organisateurs de la manifestation, eux, avaient souhaité que soit effacée toute présence des partis politiques, selon Maxime Meier. Lui et ses comparses, qui s'étaient vêtus de gilets bleus aux couleurs du PLR au début de la manifestation, ont été invités à les ôter. «On a accepté dans une démarche pacifiste», note le jeune-libéral radical.

Clivage politique

Pourtant, le rassemblement ne s'est pas gêné pour dérouler son lot de prises de positions politiques. Le parti SolidaritéS tenait un stand à la Riponne et distribuait le journal du parti. Quelques panneaux aux couleurs des Verts étaient aussi visibles. Et Maxime Meier d'ajouter, au milieu de ces signes visibles de la gauche, que le parti a également un programme sur l'écologie: «Par exemple, nous voulons que soit reconnue l'obsolescence programmée et qu'il y ait des voies de droit pour les consommateurs lésés. Mais aussi des incitatifs financiers pour que les particuliers entreprennent des rénovations durables de leur habitat.»

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