Fribourg – La droite pourra-t-elle encore dicter sa loi?
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FribourgLa droite pourra-t-elle encore dicter sa loi?

Dimanche, les citoyens fribourgeois sont appelés aux urnes, à l’occasion du premier tour des élections cantonales.

par
Xavier Fernandez
Les Fribourgeois élisent leurs autorités cantonales dimanche.

Les Fribourgeois élisent leurs autorités cantonales dimanche.

20min/Vanessa Lam

Un constat clair peut être tiré de ces cinq dernières années. Dans le canton de Fribourg, lorsque Le Centre (ex-PDC), le PLR et l’UDC sont unis, la gauche ne peut pas régater. On le constate sur tous les gros dossiers, surtout lorsqu’ils touchent à l’économie. C’était récemment le cas avec le budget cantonal 2022, ou encore lors de l’élection complémentaire au Conseil des États, fin septembre, quand la centriste Isabelle Chassot s’était aisément imposée face au socialiste Carl-Alex Ridoré. Si avec 28 élus au Grand Conseil (sur 110), le PS fait office de premier parti du canton, les trois partis de droite représentent plus de 60% du Parlement, Le Centre ne jouant plus son rôle de pivot depuis bien longtemps.

Dimanche, toutefois, les cartes pourraient être redistribuées, les Fribourgeois étant appelés à se rendre aux urnes. L’une des clefs de l’équilibre des forces devrait se trouver entre les mains des Verts. Ces derniers et leurs alliés totalisaient durant la dernière législature un peu moins de 12% d’élus au Grand Conseil (soit 13 députés). Si les Verts fribourgeois parviennent à surfer sur la «vague verte», comme cela a été récemment le cas dans d’autres cantons romands ou lors des élections communales, leur représentation en sera accrue. Mais cela suffira-t-il à renverser la droite? Rien n’est moins sûr.

En attente du second tour

En revanche, les urnes n’accoucheront pas, du moins pas encore, d’un nouvel exécutif au complet. Avec 19 candidats pour 7 sièges, les chances de l’un d’eux d’atteindre une majorité absolue sont très minces. Ainsi, sauf surprise, l’identité des nouveaux conseillers d’État ne sera pas connue avant le deuxième tour, fin novembre. Sur le papier, le socialiste sortant Jean-François Steiert est celui qui a le plus de chance de tirer son épingle du jeu, le PS, les Verts et le Centre gauche-PCS ayant fait alliance.

D’ailleurs, l’objectif pour ces derniers n’est autre que récupérer le troisième siège perdu en 2018, après la démission de Marie Garnier. Depuis que la Verte a été remplacée au Gouvernement par le PLR Didier Castella, la gauche n’y compte plus que deux sièges. À l’époque, cette dernière avait payé cher son manque de cohésion, puisque Verts et socialistes avaient choisi de faire cavalier seul, contrairement à leurs habitudes.

Enfin, pour quatre des sept préfectures fribourgeoises, les élections de dimanche ne seront qu’une pure formalité. Comme toujours ou presque, les sortants – Nicolas Kilchoer (Broye), Willy Schorderet (Glâne), Manfred Raemy (Singine) et François Genoud (Veveyse) – n’ont pas d’adversaires. En revanche, là où les préfets en poste ne se représentent pas – Carl-Alex Ridoré (Sarine), Patrice Borcard (La Gruyère) et Daniel Lehmann (Lac) – la bataille s’annonce rude (lire encadrés)

Après le premier Noir, la première femme?

Si Lise-Marie Graden (PS) succède à Carl-Alex Ridoré à la tête de la préfecture de la Sarine, elle deviendra la première femme préfète du district, là où son prédécesseur avait été le premier homme noir. Mais pour les socialistes, il s’agira surtout de garder la main sur la préfecture du plus grand district du canton. En face, le camp bourgeois n’est pas uni. Le Centre a proposé la candidature de Christian Clément et l’UDC mise sur Nicolas Kolly. En théorie, il est toutefois peu probable qu’une majorité absolue se dessine dès le premier tour, dimanche. Le scénario le plus vraisemblable est que la socialiste se retrouve en tête à tête au second tour, avec l’un des deux autres candidats mentionnés. Quant à Claudio Rugo, du Parti des artistes, il s’agira surtout de voir au détriment de qui il ira grappiller quelques pourcentages.

Préfet connu mais pas élu

Selon «La Liberté», tout porte à croire que le nouveau préfet de la Gruyère sera connu dimanche soir, bien que non encore élu. En bref, le socialiste Grégoire Kubski, seul représentant de la gauche, sera de toute façon au deuxième tour. Reste à déterminer qui sera son adversaire le 28 novembre. Mais, puisque la force de frappe socialiste ne dépasse pas 40% en Gruyère, l’issue de ce second scrutin ne fait que peu de doutes. Quatre candidats se disputent le droit d’aller affronter le socialiste au second tour. Mais selon le quotidien fribourgeois, deux se détachent des autres: le libéral-radical Vincent Bosson et le centriste Jean-Pierre Doutaz.

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