Municipales en France: La droite rit, la gauche pleure
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Municipales en FranceLa droite rit, la gauche pleure

Les socialistes du président français François Hollande ont subi une défaite cinglante dimanche aux municipales au profit de la droite, notamment à Toulouse.

Un remaniement gouvernemental devrait intervenir dans les prochains jours. L'extrême droite a revendiqué le «meilleur score de son histoire», alors que la socialiste Anne Hidalgo devient la première femme maire de Paris.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a admis l'échec du gouvernement. Ces élections «ont été marquées par la désaffection significative de celles et ceux qui nous ont fait confiance en mai et juin 2012», a-t-il déclaré.

Elles sont «l'occasion pour les citoyens d'adresser un message, ce message est clair», a ajouté le Premier ministre. Il a ajouté que le président François Hollande tirerait «les enseignements de ce scrutin». Selon un sondage réalisé par les instituts IPSOS et Steria, 79 % des Français souhaitent un changement de Premier ministre en cas de remaniement.

La victoire de l'opposition de droite et l'ancrage de l'extrême droite sont révélatrices d'une désespérance sociale.

Marseille pour l'UMP

Le premier parti de l'opposition de droite, l'UMP, a revendiqué une «grande victoire» et son président Jean-François Copé a appelé François Hollande à «absolument changer de politique». Elle devait gagner plus de 100 villes de plus de 10'000 habitants, dont la quatrième de France, Toulouse. Elle conserve aussi la deuxième ville du pays, Marseille.

Le parti Front national (FN, extrême droite) a remporté 14 ou 15 villes de plus de 9000 habitants lors des élections municipales tenues dimanche en France, selon des résultats provisoires annoncés par le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. Le FN avait déjà gagné lors du premier tour des municipales, il y a une semaine, la ville de Hénin-Beaumont dans le nord de la France. Plusieurs autres villes sont tombées dimanche dans l'escarcelle du FN, dont Fréjus et Béziers. Sa présidente, Marine Le Pen, avait prédit avant le scrutin une victoire dans une quinzaine de villes.

«Il faut désormais compter avec une troisième force politique dans notre pays», a dit Marine Le Pen, qui demande à François Hollande d'«enterrer» le pacte de responsabilité, clé de voûte de sa politique de redressement. Le parti, qui présentait des listes dans 328 communes, «réalise le meilleur score de toute son histoire» pour des municipales, a affirmé son numéro 2 Florian Philippot.

La gauche a perdu des bastions comme Limoges ou Belfort. Les autres mairies perdues par les socialistes sont notamment Roubaix, Reims, Saint-Etienne, Angers, Quimper, Pau, où le centriste François Bayrou a été élu, ou encore Ajaccio. En revanche, Gérard Collomb reste maire de Lyon et l'ancienne ministre Martine Aubry a été réélue à Lille.

Abstention à 38 %

Même s'il remporte de nouvelles villes, le FN a échoué à conquérir Perpignan et la capitale mondiale du théâtre, Avignon, gagnée par la gauche. Le patron du festival international qui a lieu chaque année dans cette ville avait menacé de le délocaliser si l'extrême droite emportait la mairie.

Premier test électoral pour François Hollande depuis son arrivée au pouvoir en 2012, ce scrutin municipal a été marqué dimanche par un taux d'abstention record, à environ 38 %.

Le Parti socialiste paie l'impopularité majeure de l'exécutif et l'absence de mobilisation massive de ses électeurs. A Paris, Anne Hidalgo va néanmoins devenir la première femme maire de la ville, après son succès face à la candidate de droite et ancienne ministre Nathalie Kosciusko-Morizet. Elle était créditée de 54,5 % contre 45,5 %, selon les estimations.

Division sur Valls

A Béziers (71'000 habitants), la victoire de l'ancien président de Reporters sans frontières (RSF) Robert Ménard, grâce au soutien du FN, incarne la stratégie suivie depuis quelques années par Marine Le Pen pour dédiaboliser sa formation.

Depuis une semaine, Jean-Marc Ayrault est désigné comme le bouc émissaire de l'échec des municipales, alors que le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, est le plus cité pour prendre la tête d'une équipe resserrée, devant le chef de la diplomatie, Laurent Fabius.

Mais s'il rassure une majorité des Français pour sa posture de fermeté face à la délinquance et à l'immigration clandestine, Manuel Valls, 51 ans, hérisse une partie de la gauche, qui ne lui pardonne pas des déclarations virulentes contre la communauté des Roms.

Les écologistes, qui totalisent deux ministres (Logement et Développement), ont de leur côté gagné à Grenoble et ont bénéficié du désaveu infligé par les électeurs au principal parti au pouvoir. (ats)

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