Durcissement de l'asile: La droite veut accélérer la mise en oeuvre

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Durcissement de l'asileLa droite veut accélérer la mise en oeuvre

Alors que la gauche récolte des signatures pour une bataille référendaire, les partis de droite font pression pour accélérer l'application du durcissement du droit d'asile.

Les problèmes d'hébergement sont loin d'être résolus et les places de détention manquent, à leurs yeux. Représentants du PLR, du PDC, du PBD, du PVL et de l'UDC ont tapé du poing sur la table, mardi lors d'une conférence de presse à Berne. Le Parlement a fait son boulot en légiférant; la Confédération et les cantons doivent maintenant faire en sorte de mettre en oeuvre les mesures décidées, a averti le président du parti libéral-radical Philipp Müller (AG).

Les cantons sont confrontés à des problèmes d'exécution, a assuré président de la conférence des directeurs cantonaux de justice et police Hans-Jürg Käser. «L'armée était censée proposer 2000 places d'hébergement pour des requérants en 2012. En réalité, elle en a offert 500 jusqu'ici», selon le conseiller d'Etat bernois.

Manque de place

Et de critiquer les lieux proposées, souvent des bâtiments mal entretenus, en montagne et loin des centres. On peut se poser la question de l'efficacité du Département de la défense, a renchéri le président du PDC Christophe Darbellay.

La situation est dramatique aussi sur le front des places de détention. Par exemple, Genève en a 21 pour 362 décisions de détention prononcées cette année. Neuchâtel propose deux places pour 49 mandats d'arrêt et Berne 36 pour 902.

Il est essentiel d'agrandir les cinq centres d'enregistrement des demandeurs d'asile actuels, a jugé M.Käser. Un nouveau centre pour tester de nouvelles procédures d'asile devrait voir le jour. Il est clair qu'on ne pourra pas le placer au milieu des Alpes mais qu'il devra se trouver sur le Plateau, d'après le Bernois.

En revanche, le futur centre qui devra regrouper les demandeurs d'asile récalcitrants pourra être situé à plus de 1500 mètres. Pour l'instant, son emplacement n'a pas encore été décidé, a assuré le directeur de la police bernoise. Des solutions devraient être présentées en janvier, a-t-on appris auprès de l'Office fédéral des migrations.

Référendum

Les représentants des partis bourgeois assurent ne pas craindre pas le référendum lancé par les milieux rose-verts contre les mesures urgentes entrées en vigueur à fin septembre. «Notre but n'est pas d'anticiper la campagne référendaire», a lancé Philipp Müller.

En cas de votation, «je suis sûr que nous allons gagner», a ajouté Christophe Darbellay. Mieux encore, aux yeux du conseiller national Yvan Perrin (UDC/NE): le résultat du scrutin sera «tellement clair qu'il pourra légitimer des durcissements ultérieurs du droit l'asile».

Les mesures urgentes sont en vigueur depuis fin septembre. Elles prévoient par exemple la création de centres pour les demandeurs récalcitrants, la non-reconnaissance de la désertion comme motif d'asile ou autorisent le gouvernement à tester de nouvelles procédures même en dehors du cadre légal. Quelle que soit l'issue du référendum, les disposition seront appliquées pendant au moins un an.

(ats)

La gestion du centre d'Eigenthal

Les requérants d'asile n'étaient pas correctement encadrés dans l'hébergement fédéral d'Eigenthal (LU), remarque l'Organisation suisse d'aide aux réfigiés (OSAR). Elle a été chargée d'examiner les reproches formulés en septembre sur mandat de la société ORS.

L'entreprise zurichoise, responsable de l'encadrement des requérants d'asile, «est critiquée à divers égards et n'a pas respecté tous les points du mandat conféré par l'Office fédéral des migrations (ODM)», relève ce dernier dans un communiqué mardi. L'ODM, quant à lui, «ne contrôlait pas de manière suffisamment systématique le travail effectué par l'ORS dans le centre d'Eigenthal», poursuit le communiqué. Des mesures ont déjà été prises: le directeur du centre mis en cause a été remplacé et de premières améliorations ont été apportées, écrit l'ODM.

En septembre dernier, plusieurs organisations avaient critiqué les conditions d'accueil dans le centre d'hébergement d'Eigenthal. Le directeur avait été mis en cause.

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