Suisse: La durabilité des produits doit être améliorée
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SuisseLa durabilité des produits doit être améliorée

Le Conseil fédéral a adopté vendredi un rapport sur l'optimisation de la durée de vie de certains articles. But: éviter par exemple de jeter un smartphone après deux ans pour en acheter un nouveau.

Pour lutter contre le gaspillage, les écologistes ont formulé diverses propositions dans des interventions parlementaires.

Pour lutter contre le gaspillage, les écologistes ont formulé diverses propositions dans des interventions parlementaires.

Le rapport fait suite à un postulat des Verts adopté en 2012. Il conclut que les mesures destinées à optimiser la durée de vie et d'utilisation des produits sont plus efficaces si les producteurs, distributeurs ou consommateurs en sont eux-mêmes à l'origine.

La Confédération n'a pas à intervenir dans le développement des produits, mais elle peut créer des conditions favorables aux produits durables. Des efforts nombreux ont été réalisés pour optimiser la durée de vie et d'utilisation des produits, notamment dans les domaines de l'information des consommateurs, de la réglementation des garanties ou des services de réparation.

Dialogue privilégié

Pour explorer d'autres pistes, comme une plus grande attention portée aux aspects écologiques dans la formation des spécialistes («écoconception») ou la promotion de modes de vie préservant les ressources, le Conseil fédéral privilégie le dialogue avec les acteurs concernés.

Le rapport du Conseil fédéral se fonde sur une étude réalisée à la demande de l'Office fédéral de l'environnement. Celle-ci définit des mesures susceptibles de contribuer à ce que la durée d'utilisation des produits soit optimisée d'un point de vue écologique.

L'étude démontre que les atteintes à l'environnement peuvent résulter non seulement de la production et de l'élimination d'un produit, mais également de son utilisation. Dans certains cas, l'impact environnemental de l'utilisation est même tel qu'un remplacement précoce est préférable.

Pour prendre les bonnes décisions, il faut donc considérer le cycle de vie d'un produit dans son ensemble: fabrication, utilisation et élimination.

Taxe de réparation

Pour lutter contre le gaspillage, les écologistes ont formulé diverses propositions dans des interventions parlementaires. Ils réclament l'introduction d'une taxe de réparation anticipée, à l'instar de la taxe d'élimination qui frappe actuellement les produits électriques et électroniques.

D'autres pistes pourraient être étudiées comme une fiscalité plus attrayante pour les ateliers de réparation.

A l'instar de ce qui se fait avec les voitures dans le cadre du partage de voitures, la priorité devrait être donnée à la location plutôt qu'à la vente. Les Verts souhaitent aussi une meilleure information des consommateurs. Comme pour un yogourt, on devrait connaître la date de péremption d'un produit et ne plus uniquement faire son choix sur la base du prix.

La durée minimale de garantie de deux ans devrait quant à elle être relevée à cinq ans progressivement pour que producteurs et distributeurs prennent leurs responsabilités.

Pièces de rechange

Plusieurs autres initiatives sont réclamées. Le développement de matériaux durables devrait être promu. Plus question de devoir changer de produit parce que les pièces de rechange font défaut. Les appareils doivent être construits de telle manière que certaines parties puissent être remplacées. Celles-ci doivent être disponibles sur le marché.

Pour éviter la condamnation d'appareils encore fonctionnels, il faut enfin miser sur la compatibilité entre produits. A l'image du chargeur universel réclamé par la Commission européenne pour les téléphones portables. (ats)

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