Actualisé 08.08.2017 à 15:06

Zurich

La façade d'un immeuble des CFF viendra de Chine

Un bâtiment construit par les CFF à Zurich comportera une façade assemblée en Chine, car l'offre coûte 5 millions de francs de moins qu'une offre suisse.

de
rmf
L'immeuble de 53 mètres devrait être fini en 2019, et accueillera des logements, des bureaux, et des magasins et restaurants.

L'immeuble de 53 mètres devrait être fini en 2019, et accueillera des logements, des bureaux, et des magasins et restaurants.

CFF

Le bâtiment flambant neuf de l'Europaallee comportera 171 appartements, bureaux, magasins et restaurants. La construction de 53 mètres de haut devrait être terminée en 2019. Mais sa couche finale, la façade, fait polémique suite à un article du «Tages-Anzeiger».

5 millions moins cher

En effet, le matériel de cette façade est en cours d'assemblage dans la ville de Shenyang, en Chine, révèle le journal. Il sera ensuite transporté dans des containers par bateau jusqu'à Bâle, et finalement en camion jusqu'à Zurich. Au total, un parcours de plus de 8'000 km. Certains éléments auront même fait un trajet encore deux fois plus long, puisque la pierre qui doit recouvrir l'immeuble provient d'une carrière allemande, pour un coût de 145 millions de francs.

«C'est mauvais pour l'économie suisse», dénonce Fabio Rea, directeur de la centrale suisse fenêtre et façades, au quotidien alémanique. Un constructeur helvétique était en effet également en course pour l'ouvrage. «Notre proposition coûtait entre 27 et 28 millions de francs, affirme le PDG de Aepli Metallbau, Roman Aepli. L'offre du groupe Yuanda coûtait 5 millions de moins.» Il pointe du doigt les régulations, les formations et les salaires moins élevés que ceux qui ont cours dans les entreprises suisses, et conclut: «face aux prix chinois, nous n'avons aucune chance».

Moteur de l'économie suisse

Du côté des CFF, on se défend de l'accusation de discrimination. «Les CFF sont un puissant moteur pour l'économie suisse», affirme le porte-parole Olivier Dischoe. Chaque année, l'ex-régie fédérale achète pour 4,8 milliards de francs de biens et services, dont 98% auprès d'entreprises suisses ou ayant des succursales en Suisse. Il rappelle par ailleurs que la loi sur les marchés publics interdit de favoriser les entreprises indigènes. De plus, précise-t-il, le prix n'est pas le seul critère, la qualité du travail figurant aussi dans l'équation.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!