Actualisé 25.07.2014 à 12:27

Grisons

La faillite du gérant d'un hôtel de prestige dérange

Le dépôt de bilan de la société exploitante de l'Hôtel Intercontinental de Davos agite la petite ville-station mondialement connue pour son forum économique.

de
ats
L'Intercontinental de Davos et sa forme ovoïde qui ne passe pas inaperçue.

L'Intercontinental de Davos et sa forme ovoïde qui ne passe pas inaperçue.

L'ancien président de Stilli Park, la société qui gérait «l'½uf d'or» depuis son ouverture, formule de sévères reproches à l'égard du propriétaire, un fonds immobilier de Credit Suisse.

L'établissement, dont les portes sont toutefois toujours ouvertes, a connu une première partie d'existence difficile. Moins de cinq mois après son inauguration le 10 janvier, son gérant déposait le bilan le 2 juin dernier à Coire. Et la polémique a récemment enflé devant ce qui s'apparente à une action concertée.

Une faillite voulue

L'ancien président du conseil d'administration de la société Stilli Park, Martin Buchli, ne mâche pas ses mots: le fonds immobilier de Credit Suisse Real Estate Fund Hospitality, maître d'½uvre et propriétaire des murs, a voulu cette issue, en soustrayant une garantie de 3 millions de francs environ peu avant la faillite.

Credit Suisse rejette

«Il y aurait eu plusieurs autres possibilités pour répondre au manque de liquidités», estime Martin Buchli. Les responsables du fonds de Credit Suisse ont cependant refusé de les apporter. Du côté du numéro deux bancaire helvétique, on rejette les reproches formulés par Martin Buchli, sans vouloir davantage commenter. Début juin, la société Stilli Park a évoqué une mauvaise saison hivernale pour expliquer sa déconfiture. Au-delà, il semble que les rapports de propriété et de gérance avec le fonds immobilier de Credit Suisse étaient complexes.

Un concept longuement pensé

Stilli Park a développé dix ans durant un projet, dont le coût total a atteint 250 millions de francs. S'appuyant initialement sur des entrepreneurs grisons, la société a d'abord investi 27 millions avant de vendre, avec un bénéfice au passage, le projet au fonds immobilier de Credit Suisse, qui lui a injecté 155 millions.

De concepteur à gérant

Ce dernier a financé la construction de «l'½uf d'or», appelé ainsi par les indigènes en raison de la forme et de la couleur du bâtiment. A l'heure de trouver un exploitant, il s'est agi pour le fonds, qui pour des motifs juridiques ne pouvait gérer un hôtel, de se tourner à nouveau vers Stilli Park.

La société a alors conclu un contrat avec le groupe hôtelier britannique Intercontinental pour assumer la conduite opérationnelle du palace davosien et de ses près de 250 chambres, suites et appartements très haut de gamme. Voilà pour l'historique du retour de Stilli Park.

Maintenant, après le dépôt de bilan survenu il y a moins de deux mois, demeurent des dettes dont le montant se chiffre en millions de francs. En l'état, les créances déjà produites portent sur 2,2 millions, selon des informations fournies par l'office des faillites de Coire.

Nouvelle gérance

Mais au moins l'un des plus gros créanciers n'a pas encore formulé ses exigences. Le cercle des créanciers n'est pour l'heure pas complètement connu. Des fournisseurs, la ville de Davos, l'office du tourisme du lieu ainsi que le groupe Intercontinental sont cités parmi eux.

Le dossier promet donc de nécessiter des mois de procédure. Selon des observateurs, des questions entourent non seulement le rôle joué par le fonds immobilier de Credit Suisse, mais aussi celui endossé par la société Stilli Park.

Quant à «l'½uf d'or», il poursuit son activité. Le jour même de la faillite, le fonds immobilier du numéro deux bancaire helvétique a présenté une nouvelle entité pour gérer l'hôtel, baptisée Weriwarld avec siège à Davos même. (ats/ats)

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