Pont de Gênes - La famille Benetton cède les autoroutes à l’État italien
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Pont de GênesLa famille Benetton cède les autoroutes à l’État italien

Responsable de l’effondrement du pont de Gênes en 2018, la société Autostrade per l’Italia, appartenant à la famille Benetton, a rendu la main sur ses concessions à l’État italien.

L’effondrement du pont de Gênes, un an après.

AFP

Le groupe autoroutier et aéroportuaire italien Atlantia, contrôlé par la famille Benetton, a approuvé jeudi l’offre d’un consortium emmené par la Caisse des dépôts italienne (CDP) pour le rachat de sa part de 88% dans Autostrade per l’Italia.

Depuis l’effondrement meurtrier du viaduc de Gênes en août 2018, dont Autostrade est le gestionnaire, la famille Benetton était sous forte pression pour vendre sa part à l’État italien. Le conseil d’administration d’Atlantia a fini par accepter l’offre, qui valorise 100% d’Autostrade à 9,3 milliards d’euros (quelque 9,81 milliards de francs), dix jours après le vote favorable des actionnaires réunis en assemblée générale.

Premier réseau d’autoroutes payant en Italie gérant au total 3000 km à travers le pays, Autostrade reviendra ainsi majoritairement dans le giron de l’État italien après avoir été privatisé en 1999.

Une vue aérienne du pont effondré, à Gênes.

Une vue aérienne du pont effondré, à Gênes.

AFP/Photo d’archives

Quarante-trois victimes

Après le drame du pont Morandi, qui a coûté la vie à 43 personnes, Atlantia s’est retrouvé dans la tourmente car l’enquête a mis en évidence de graves manquements dans l’entretien du pont. A l’issue de mois de négociations tendues avec le précédent gouvernement dirigé par Giuseppe Conte, la famille Benetton avait accepté en juillet 2020 de se retirer des autoroutes italiennes.

Le gouvernement avait à l’époque lancé une procédure en vue d’une éventuelle révocation des concessions autoroutières d’Atlantia, avant de conclure un accord avec les Benetton. Celui-ci prévoyait un important plan de maintenance et d’investissement et le versement par Autostrade de 3,4 milliards d’euros en compensation de l’effondrement du pont de Gênes.

Le conseil d’administration d’Atlantia avait jugé à plusieurs reprises insuffisante l’offre soumise par la CDP et les fonds Blackstone et Macquarie, avant de se résigner à l’accepter, sous la pression de la famille Benetton qui a fait part de sa volonté de tourner la page.

(AFP)

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