Chili: La famille d'Allende sollicite une exhumation
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ChiliLa famille d'Allende sollicite une exhumation

La famille de l'ancien président renversé du Chili Salvador Allende a sollicité mercredi son exhumation.

Salvador Allende (à droite) aux côtés du dictateur qui l'a renversé Augusto Pinochet.

Salvador Allende (à droite) aux côtés du dictateur qui l'a renversé Augusto Pinochet.

L'exhumation du corps de l'ancien président chilien se déroulerait dans le cadre de l'enquête rouverte pour établir s'il s'est suicidé lors du coup d'Etat du 11 septembre 1973, comme le veut la version officielle, où s'il a été assassiné.

«Les restes de l'ancien président Allende seront exhumés, et une nouvelle autopsie sera pratiquée pour déterminer les causes de sa mort», a déclaré l'avocate de la famille, Pamela Pereira, pour qui «il ne fait aucun doute» que le juge Mario Carroza ordonnera l'exhumation.

«Cela permettra d'éclaircir définitivement un aspect de notre histoire qui n'a jamais été pacifié», a-t-elle dit, sans avancer de délais pour l'exhumation. Allende, président socialiste du Chili depuis 1970, est mort par balle dans le palais présidentiel de Santiago, bombardé par l'armée de l'air, lors du putsch mené par le général Augusto Pinochet. Il avait 65 ans.

Peu après sa mort, une autopsie fut pratiquée à l'Hôpital militaire de Santiago et, selon la version des autorités ainsi que des témoignages, il s'est suicidé en se tirant une balle sous le menton. La famille Allende elle-même privilégie la thèse du suicide.

La justice a rouvert en janvier une enquête sur la mort d'Allende, ainsi que sur 725 autres cas de crimes contre les droits de l'homme sous la dictature (1973-90), qui n'avaient jamais été traités faute de plaintes. Le parquet a déposé une «plainte» pour chacun de ces cas oubliés, dont les noms ont été recoupés à partir du rapport de la Commission vérité et réconciliation.

La dictature a laissé plus de 3100 morts ou disparus. L'exhumation d'Allende est la conséquence logique de la réouverture de l'enquête, et «le juge lui-même la considérait indispensable, mais il lui plait que ce soit nous, la famille, qui décidions et le sollicitions», a expliqué cette semaine la sénatrice socialiste Isabel Allende, fille de l'ancien président renversé. (ats)

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