Actualisé 15.01.2016 à 13:03

Jeux vidéo

La famille d'un rebelle angolais saisit la justice

Les fils de Jonas Savimbi, estimant qu'il apparaît comme un «barbare» dans le jeu à succès «Call of Duty», ont saisi la justice française pour «atteinte à l'honneur».

de
adi

La filiale française de l'éditeur du jeu de tir violent, Activision Blizzard, basée à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), est poursuivie devant le tribunal de grande instance de Nanterre pour «diffamation», une première en France pour un jeu vidéo selon les avocats des parties.

Trois des enfants Savimbi, qui vivent en région parisienne, réclament 1 million d'euros de dommages et intérêts et le retrait de la version du jeu incriminée. Les juges civils examineront l'affaire le 3 février.

Seigneur de guerre aussi charismatique que controversé, Jonas Savimbi a pris la tête de la rébellion de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita), lors de la guerre civile qui a ravagé l'ancienne colonie portugaise à partir de 1975. De formation maoïste mais longtemps allié des Etats-Unis contre le régime procommuniste du MPLA, il était presque toujours vêtu de son uniforme, revolver à la hanche. Sa mort en 2002 avait finalement mis un terme au conflit.

«Gros bêtasson qui veut tuer tout le monde»

Plus de dix ans après, ses enfants découvrent le visage de leur père, en allié du héros de «Call of Duty», Alex Mason, et dans son propre rôle de chef de guerre face au MPLA, dans l'opus «Black Ops II» sorti en 2012. Mais sa représentation leur déplaît: il apparaît comme un «gros bêtasson qui veut tuer tout le monde», une image «outrancière» qui ne correspond pas à sa personnalité de «leader politique» et de «stratège», selon Me Carole Enfert.

Caricatural? L'éditeur du jeu réfute. Il estime avoir représenté Savimbi «pour ce qu'il était»: «un personnage de l'histoire angolaise, un chef de guérilla qui combat le MPLA», argumente Me Etienne Kowalski, d'autant, relève-t-il, que le jeu le montre sous un jour «plutôt favorable», en «gentil qui vient en aide au héros». (adi/afp)

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