Employés du CICR enlevés aux Philippines: La famille de l'otage suisse critique le DFAE
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Employés du CICR enlevés aux PhilippinesLa famille de l'otage suisse critique le DFAE

La famille du membre suisse du CICR enlevé en Philippines, Andreas Notter, a demandé à la ministre Micheline Calmy- Rey de s'impliquer pour sa libération.

Le frère de l'otage critique le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) pour son inefficacité.

Dans une lettre dont des extraits ont été publié mardi dans le journal alémanique «Aargauer Zeitung», la famille d'Andreas Notter exhorte la cheffe de la diplomatie suisse à téléphoner à la présidente philippine Gloria Arroyo et d'exiger d'elle qu'elle ordonne le retrait de l'armée sur l'île de Jolo. Trois membres du Comité international de la Croix Rouge (CICR) y ont été kidnappés.

«Nous estimons que le DFAE n'en a pas fait assez jusqu'ici, nous n'entendons que des belles paroles. Nous n'avons même pas eu encore de contact avec Mme Calmy-Rey. Nous la prions dorénavant de s'engager personnellement dans ce dossier», a dit parallèlement dans une interview dans le même quotidien le frère de l'otage, Peter Notter.

Cellule de crise

«Depuis l'enlèvement des trois collaborateurs du CICR sur l'île de Jolo à la mi-janvier, le DFAE s'est engagé sans relâche pour la libération d'Andreas Notter», a répondu mardi le porte-parole du DFAE Lars Knuchel, réagissant aux critiques de la famille Notter.

«Une cellule de crise spéciale a été mise sur pieds au département, a ajouté le porte-parole. »Elle assure la collaboration avec le CICR, qui mène les négociations pour une libération immédiate et inconditionnelle des otages. La famille est au courant que c'est le CICR qui dirige les opérations.«

«Le DFAE et l'ambassade de Suisse à Manille sont en contact permanent avec les autorités philippines», a encore souligné M. Knuchel. Parallèlement, le DFAE collabore de manière intensive avec le gouvernement italien, a-t-il précisé. L'Italie tente elle aussi d'obtenir la libération d'un de ses ressortissants, détenu par les rebelles.

Micheline Calmy-Rey a discuté des prochaines étapes dans ce dossier avec son homologue italien Franco Frattini, lors de sa visite à Rome lundi et mardi, a jouté le porte-parole.

La Philippine Mary Jean Lacaba et ses deux collègues, le Suisse Andreas Notter et l'Italien Eugenio Vagni, ont été enlevés le 15 janvier par les rebelles d'Abu Sayyaf sur l'île de Jolo alors qu'ils venaient de visiter une prison. Des affrontements meurtriers ont récemment éclaté sur place entre l'armée et les rebelles islamistes.

L'armée instaure une blocus

Les forces de sécurité philippines ont commencé à rationner l'approvisionnement en nourriture et en eau des militants islamistes qui détiennent les trois otages du CICR, a annoncé mardi un porte- parole de l'armée cité par l'agence Reuters.

L'armée encercle les rebelles dans une région éloignée de l'île de Jolo. Elle a cessé de les poursuivre, mais elle tente maintenant de les mettre sous pression pour obtenir une libération, a déclaré le Lieutenant-Colonel Edgard Arevalo aux reporters.

(ats)

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