Bangladesh – La famille d’un chef rohingya assassiné accuse un groupe extrémiste
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BangladeshLa famille d’un chef rohingya assassiné accuse un groupe extrémiste

L’assassinat du leader Mohib Ullah a provoqué une vague d’indignation dans la région mais également à l’international. D’après son entourage, Mohib Ullah était la cible de menaces de morts régulières.

Ils étaient nombreux à se réunir pour les funérailles du leader Mohib Ullah jeudi.

Ils étaient nombreux à se réunir pour les funérailles du leader Mohib Ullah jeudi.

AFP

Un chef rohingya assassiné mercredi dans un camp de réfugiés au Bangladesh avait reçu des menaces de mort, a déclaré son frère à l’AFP jeudi, précisant que son militantisme pacifique avait provoqué la colère d’un groupe extrémiste rohingya.

Mohib Ullah avait reçu ces derniers mois des menaces de mort qui émanaient du groupe extrémiste Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA), a ajouté son frère cadet Habib Ullah, soulignant qu’au moins huit membres de ce groupe avaient pris part au meurtre. «Les forces de l’ARSA ont commis ce meurtre. Ils ont souvent menacé de tuer mon frère à partir de différents numéros (de téléphone)», a-t-il affirmé.

Selon la police, au moins quatre assaillants non identifiés ont abattu de trois balles au moins le dirigeant rohingya alors qu’il discutait avec plusieurs chefs communautaires devant son bureau vers 20 heures mercredi.

Plus de 850’000 réfugiés au Bangladesh

«Nous en sommes encore aux prémices de l’enquête. Personne n’a encore été arrêté», a déclaré à l’AFP Rafiqul Islam, porte-parole de la police des camps de Cox’s Bazar au Bangladesh, où plus de 850’000 réfugiés rohingyas vivent dans des conditions des plus précaires. «La sécurité des camps a été renforcée avec le déploiement de centaines de nouveaux policiers armés», a-t-il ajouté.

Mohib Ullah avait créé l’Arakan Rohingya Society for Peace and Human Rights (ARSPH), un groupe communautaire de défense des droits qui a documenté les atrocités commises contre les Rohingyas par les militaires birmans lors de la répression d’août 2017.

Ancien instituteur, il s’était fait connaître à l’occasion d’un grand rassemblement appelé par l’ARSPH en 2019 pour le deuxième anniversaire de la répression, auquel environ 200’000 Rohingyas avaient participé. Il avait rencontré l’ex-président américain Donald Trump en 2019. L’actuelle administration américaine a fait part jeudi de sa «profonde tristesse» et appelé à une enquête «transparente» sur sa mort.

«Nous honorerons son travail en continuant à plaider la cause des Rohingya et en aidant à faire entendre la voix des membres de cette communauté dans les décisions concernant leur avenir», a déclaré le Secrétaire d’État Antony Blinken dans un communiqué.

«Mohib Ullah était un représentant de premier plan de la communauté rohingya, qui s’exprimait contre la violence dans les camps et en faveur des droits humains et de la protection des réfugiés», a réagi Saad Hammadi, chargé de campagne d’Amnesty International pour l’Asie du Sud.

Un membre du groupe de Mohib Ullah a également désigné l’ARSA, furieuse qu’il fasse entendre «une voix rohingya de la raison, non violente, progressiste et libérale». Son organisation avait déployé des branches dans tous les camps de réfugiés du Bangladesh. «Son militantisme pacifique a provoqué la colère de l’ARSA», a également estimé Nur Khan Liton, un activiste proche du défunt.

(AFP)

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