La famille ukrainienne déboutée va faire recours
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La famille ukrainienne déboutée va faire recours

La famille ukrainienne qui avait été sauvée dans les montagnes tessinoises en janvier veut rester en Suisse.

Elle va très certainement recourir contre le rejet de sa demande d'asile, rendu public dimanche dans la «NZZ am Sonntag».

C'est du moins ce qu'a annoncé lundi le père Martino Dotta, qui s'est occupé de la famille au Tessin, dans une interview publiée sur le site internet de «Ticinonews». Le prêtre y critique par ailleurs les méthodes de l'Office fédéral des migrations (ODM).

La famille ukrainienne a appris le rejet de sa demande par la presse dominicale, dénonce-t-il. Elle n'a encore pas reçu de réponse officielle à sa demande.

L'ODM se justifie

Interrogée par l'ATS, le porte-parole de l'ODM Jonas Montani précise que le refus a été envoyé jeudi en fin d'après-midi à l'avocat des requérants sous pli recommandé. De telles lettres parviennent généralement le jour suivant au destinataire, fait-il valoir.

L'office fédéral a exprès attendu vendredi pour répondre aux demandes des médias, ce qui a abouti à l'article de la «NZZ am Sonntag». L'ODM a une obligation d'informer et il a reçu tous les jours des demandes concernant ce cas, a justifié M. Montani.

Pétition pour l'admission

La Suisse considère l'Ukraine comme un pays sûr. Le Parti socialiste et des oeuvres d'entraide catholiques avaient récolté plus de 700 signatures au Tessin pour l'admission de cette famille. Le Conseil d'Etat du canton était même intervenu auprès de la ministre de la justice Eveline Widmer-Schlumpf.

Après avoir passé sept ans en Hongrie, la famille avait déjà déposé en vain deux demandes d'asile en Suisse en 2007. Renvoyée en Italie, elle avait fait un «sit-in» devant le consulat de Suisse à Milan. La police l'avait fait évacuer et placer dans un centre d'hébergement.

Sauvés in extremis

La mère de 47 ans et ses cinq enfants âgés de 9 à 21 ans avaient tenté d'entrer au Tessin par le Monte Lema (1680 mètres). Probablement aidée par des passeurs, la famille avait entrepris l'ascension de la montagne à la frontière italo-suisse, le 18 janvier.

A cette époque près d'un demi-mètre de neige recouvrait les hauteurs. La mère et ses enfants avaient perdu leur route et passé deux nuits à la belle étoile avant de lancer un appel au secours via un appareil de radio-émetteur. Ils avaient été secourus le 20 janvier par une colonne de la Rega et du Club alpin suisse.

Tous les enfants avaient été hospitalisés pour des engelures. Le plus jeune avait évité de peu une amputation aux pieds.

(ats)

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