Actualisé 27.03.2008 à 18:17

La famille ukrainienne sauvée sur le Monte Lema (TI) est transférée en Valais

La mère ukrainienne et ses cinq enfants sauvés le 20 janvier au sommet du Monte Lema (TI) ont été transférés en Valais.

La famille a quitté le centre d'enregistrement de Chiasso (TI) jeudi matin, à la suite d'une décision de l'Office fédéral des migrations (ODM).

La décision de transférer la famille de requérants du Tessin en Valais a été prise mercredi par l'ODM, a dit jeudi à l'ATS le frère capucin Martino Dotta, directeur d'Entraide ouvrière. Le religieux confirmait une nouvelle parue jeudi dans le «Corriere del Ticino.»

«Des billets de train pour le Valais ont été remis aux membres de la famille qui avaient jusqu'à jeudi à 18h00 pour se présenter à Sion», a précisé Frère Martino.

Le départ des requérants d'asile a été confirmé par l'Office fédéral des migrations. «La famille a quitté le centre d'enregistrement de Chiasso sans opposer de résistance et en exprimant sa reconnaissance à la direction», a dit à l'ATS Jonas Montani, porte-parole de l'ODM.

La famille est arrivée comme prévue à Sion, d'où elle a été emmenée à St-Gingolph où chacun a pris possession de sa chambre. Tout s'est bien passé, a dit à l'ATS Emile Blanc, adjoint au chef du service valaisan de l'action sociale.

«La nouvelle loi sur l'asile prévoit que le séjour de requérants dans un des centres d'enregistrement ne peut pas excéder 60 jours. Passé ce délai, les demandeurs sont assignés à un canton selon une clé de répartition», précise M. Montani. Il a indiqué que la famille ukrainienne a obtenu un permis N qui sera valable aussi longtemps que la procédure d'asile est en cours.

Famille «désemparée»

Martino Dotta a expliqué que la décision de Berne a «désemparé» la famille ukrainienne, au Tessin depuis plus de deux mois. «La mère et ses enfants s'étaient bien acclimatés à Chiasso où ils avaient établi des contacts et commencé à apprendre l'italien.»

Selon le directeur de la section tessinoise d'Entraide ouvrière, «l'attribution de requérants d'asile à d'autres cantons qu'à celui où ils sont enregistrés est pratique courante» mais «peu humaine dans ce cas précis.»

Frère Martino s'est aussi dit un peu «surpris» du fait que l'ODM n'ait pas tenu compte de la pétition déposée en février au Département tessinois de justice. Signée par 735 personnes, elle demandait «une admission provisoire de la famille ukrainienne au Tessin.»

Une admission également soutenue par le Conseil d'Etat tessinois qui était intervenu dans ce sens auprès de la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf.

Sauvetage de justesse

Provenant d'un camp de réfugiés en Hongrie où ils avaient résidé pendant sept ans et ayant transité par Milan, la mère ukrainienne et ses cinq enfants avaient tenté d'entrer au Tessin par le Monte Lema (1680 mètres). Probablement aidée par une organisation de passeurs, la famille avait entrepris l'ascension de la montagne à la frontière italo-suisse, le 18 janvier.

A cette époque près d'un demi-mètre de neige recouvrait la montagne. La mère et ses enfants avaient perdu leur route et passé deux nuits à la belle étoile avant de lancer un appel au secours par un appareil de radio-émetteur. La famille avait été secourue le 20 janvier par une colonne de la Rega et du Club alpin suisse.

Deux demandes d'asile rejetées en 2007

Souffrant d'engelures, quatre des cinq enfants avaient été hospitalisés à Lugano. Le plus jeune, un garçonnet de neuf ans, avait été transféré à Zurich où les médecins ont réussi à lui éviter l'amputation des pieds.

En 2007, la mère ukrainienne avait déjà déposé deux demandes d'asile en Suisse, toutes refusées. Elle évoquait la persécution religieuse dont elle avait fait l'objet dans sa patrie en tant que fidèle d'une confession minoritaire. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!