Actualisé 18.12.2013 à 21:27

Etats-Unis

La Fed maintient ses taux, Wall Street applaudit

La Réserve fédérale américaine (Fed) a décidé mercredi de limiter son aide à l'économie en réduisant «modestement» le montant de ses injections de liquidités, sur fond d'amélioration de la conjoncture dans le pays.

A l'issue de deux jours de réunion de son Comité monétaire (FOMC) à Washington, la Réserve fédérale (Fed) a indiqué qu'elle réduisait de 85 à 75 milliards de dollars le montant de ses rachats d'actifs mensuels, auxquels elle procède depuis janvier pour desserrer l'étau du crédit et soutenir l'activité.

A partir de janvier, la Banque achètera 40 milliards de bons du Trésor (contre 45 auparavant) et 35 milliards de titres adossés à des créances hypothécaires (contre 40 jusqu'à présent), a précisé le FOMC dans son communiqué, jugeant la réduction de son soutien «modeste».

Guettée avec fébrilité par les marchés accros à «l'argent facile», cette décision constitue une relative surprise pour une majorité d'économistes et d'analystes qui s'attendaient encore à un statu quo.

Comme prévu, la Fed a en revanche gardé ses taux directeurs proches de zéro, maintenant inchangé ce deuxième volet de sa politique monétaire ultra-accommodante engagée depuis fin 2008 afin de soutenir la reprise économique américaine.

«Signes d'amélioration»

A l'appui de sa décision, la Fed estime notamment que l'embellie récente du marché de l'emploi et de l'activité est «compatible» avec un «renforcement» des fondamentaux de l'économie du pays. «Les conditions sur le marché du travail ont montré de nouveaux signes d'amélioration», écrit notamment le Comité.

Le taux chômage américain est tombé en novembre à son plus bas niveau depuis cinq ans (7%) tandis que le produit intérieur brut a progressé de 3,6% en rythme annualisé au troisième trimestre, en nette accélération par rapport aux trois mois précédents.

La Fed précise toutefois qu'elle continuera à soutenir l'économie américaine par sa politique monétaire tant que le marché du travail ne s'améliorera pas de manière «importante», selon le communiqué du FOMC.

Elle précise également qu'elle pourrait décider de réduire davantage ses injections de liquidités «lors de futures réunions» si les prochaines données économiques confirmaient ses attentes d'une amélioration du marché du travail. «Les rachats d'actifs ne sont pas sur une trajectoire déterminée à l'avance», rappelle le Comité monétaire.

Un des ses membres, Eric Rosengren, président de l'antenne de la Fed de Boston (nord-est), s'est opposé à la décision du Comité estimant que le chômage restait «élevé» et que l'inflation se situait «bien en dessous» de son objectif de 2%.

Nouvelles projections

La Fed a également publié mercredi ses nouvelles projections économiques, qui témoignent d'un optimisme mesuré. Elle a légèrement relevé la fourchette haute de sa prévision de croissance pour 2014, à 3,2% contre 3,1% attendus jusque-là. Sa fourchette basse a en revanche été abaissée (2,8 contre 2,9%).

La Banque centrale se montre plus optimiste s'agissant de l'emploi, revoyant légèrement en baisse sa prévision du taux de chômage en 2014, de 6,3 à 6,6% contre 6,4% à 6,8%. La Réserve fédérale a indiqué qu'elle pourrait relever son taux directeur, maintenu proche de zéro depuis 2008, une fois que le taux de chômage serait descendu à 6,5%. Il était de 7,0% en novembre aux Etats-Unis.

La Fed attend également, pour changer de cap, que l'inflation se situe autour de son objectif annuel de 2%. Dans ses nouvelles projections, elle ne prévoit pas une inflation à ce niveau avant 2015 (entre 1,5 à 2,0%), selon ses nouvelles projections. (ats)

Nouveaux records à Wall Street

La Bourse de New York s'est envolée à de nouveaux sommets mercredi, dans la foulée de l'annonce par la Banque centrale américaine (Fed) du maintien de ses taux directeurs et d'une légère réduction de son soutien monétaire à l'économie.

Indice vedette, le Dow Jones Industrial Average a bondi de 1,85% ou 293,61 points pour s'établir à 16'168,87 points, un niveau jamais atteint auparavant en clôture, selon les résultats provisoires. Le S&P 500, l'indice américain le plus regardé par les investisseurs, a lui grimpé de 1,67% ou 29,80 points pour terminer à 1810,80 points, dépassant lui aussi son précédent record.

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