Consommation: La «fée verte» privilégiée divise les producteurs

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ConsommationLa «fée verte» privilégiée divise les producteurs

La Confédération veut que seule l'absinthe du Val-de-Travers ne soit vendue en Suisse. Les producteurs français s'insurgent.

par
man

«La Suisse n'est pas la propriétaire de l'absinthe», s'emporte la Fédération Française des Spiritueux. Avec le distributeur français de vins et spiritueux Pernod Ricard, elle compte faire recours devant le Tribunal administratif fédéral.

Berne veut en effet que la légendaire boisson alcoolisée porte l'appellation d'indication géographique protégée. Cela aura pour conséquence que seule l'absinthe produite au Val-de-Travers, dans les règles de l'art, dans le canton de Neuchâtel, pourra être vendue sur le marché suisse sous le nom «Absinthe», «Fée verte» ou «La Bleue».

Francisco de la Vega, directeur de Pernod Ricard Suisse, ne l'entend pas de cette oreille, surtout en raison des faits historiques, qu'il rappelle dans la «NZZ am Sonntag». L'absinthe a bien été inventée en 1800 à Couvet, dans le Val-de-Travers, concède Francisco de la Vega, directeur de Pernod Ricard Suisse, dans la «NZZ am Sonntag». Mais ensuite, Henri-Louis Pernod s'est déplacé à Pontarlier, de l'autre côté de la frontière, pour ouvrir une distillerie et contribuer à la propagation de l'absinthe en France, explique-t-il. «Les Suisses ont ensuite interdit l'absinthe pendant un siècle, et maintenant ils prétendent qu'elle n'est qu'à eux!»

L'octroi de cette appellation mettrait d'ailleurs aussi en péril des entreprises locales comme Matter-Luginbühl, écrit le journal. Basée dans le Seeland bernois, elle produit un cinquième de l'absinthe locale et en exporte une bonne partie, en collaborant notamment avec la rock star américaine Marilyn Manson.

Les plaignants estiment entre autres que le nom «absinthe» n'évoque pas seulement une boisson mais aussi la variété végétale dont est issu le spiritueux.

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