France: La femme d'un maire se ridiculise à la télévision
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FranceLa femme d'un maire se ridiculise à la télévision

La candidature aux prochaines municipales de mars de l'épouse du maire de Propriano en Corse, en lieu et place de son mari inéligible, serait peut-être passée inaperçue sans sa prestation télévisée calamiteuse.

«Ma femme n'est pas un pantin»: le gros titre barrait vendredi la Une du quotidien Corse-Matin, soulignant l'embarras du maire sortant Paul-Marie Bartoli, du parti des radicaux de gauche, qui a demandé à son épouse de conduire une liste aux municipales.

A l'issue, le 25 mai, d'une période d'inéligibilité qui le frappe, il a d'ores et déjà prévu une démission de sa femme afin de se représenter. Stigmatisant «une polémique scandaleuse qui salit une mère de famille», M. Bartoli tente, comme l'écrit le journal, «de désamorcer le buzz créé par l'interview de son épouse» Caroline à la chaîne de télévision France 3 Corse. «On la ridiculise, on la salit», s'insurge le maire.

Le 6 février, Mme Bartoli avait été interrogée lors du journal télévisé, qui reçoit chaque jour durant cinq minutes un candidat aux municipales dans l'île. L'exercice tourne rapidement au fiasco. Tétanisée, Mme Bartoli, qui n'a aucune expérience, parvient à peine à répondre, en lisant laborieusement des fiches et se bornant à dire, embarrassée, qu'elle poursuivrait la politique de son mari.

«Piégée par France 3»

L'ampleur du malaise est atténué par la bienveillance de l'intervieweur, Jean-Vitus Albertini, l'un des journalistes les plus chevronnés de Corse. Depuis, M. Bartoli accuse France 3 d'avoir «piégé» son épouse et lui-même, qui est officiellement directeur de campagne, M. Albertini répliquant que le maire avait «assisté à l'enregistrement de l'interview et n'a jamais dit qu'il souhaitait qu'on la refasse ou qu'elle ne soit pas diffusée».

Pour le principal opposant de M. Bartoli, le nationaliste Jacques Luciani, ancien premier adjoint du maire sortant, «personne n'est dupe». L'élu a été déclaré en 2013 inéligible pour un an par le Conseil constitutionnel, qui n'a pas validé ses comptes de campagne. Le Conseil lui reproche notamment de ne pas avoir justifié de quelques milliers d'euros de frais de bouche. (afp)

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