La femme, "l'avenir de l'homme", lui fait toujours la vaisselle
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La femme, "l'avenir de l'homme", lui fait toujours la vaisselle

Moins de temps libre, moins d'emplois, salaires plus bas, représentation politique réduite et tâches ménagères en pagaille: la femme reste le parent pauvre de l'homme en Europe malgré une longévité et un niveau d'éducation plus élevés.

Selon des statistiques, l'espérance de vie des Européennes à la naissance était de six ans supérieure à celle des hommes du Vieux continent en 2004: 81,2 ans contre 75,1, d'après Eurostat.

Les Espagnoles et les Françaises (83,8 ans) remportent la palme de la longévité, devant les Suédoises (82,6) et les Italiennes (82,5). A l'autre bout de l'échelle, les Lettonnes (76,2), les Estoniennes (76,9) et les Hongroises (77,2 ans) sont les moins bien loties.

Chômage plus élevé

Sur l'ensemble de l'Union européenne, les femmes étaient également plus nombreuses l'an dernier à suivre des études universitaires (54,6%), ou à avoir au moins achevé des études secondaires (80% contre 74,6%). Mais leur domination s'arrête net à la porte du marché du travail.

En 2005, le taux de chômage moyen des femmes dans les 25 a atteint 9,8%, contre 7,9% pour les hommes, indique l'Office fédéral allemand des statistiques. Celui-ci tire une comparaison peu flatteuse avec les Etats-Unis (5,1% pour chaque sexe) et le Japon (4,2% pour les femmes, 4,6% pour les hommes).

Selon les chiffres d'Eurostat, les Européennes ne sont également que 56,3% à travailler (contre 71,2% de leurs partenaires). Elles le font pour beaucoup à temps partiel (32,6% contre 7,3% des hommes), ne représentent que 32,1% de la population des cadres, et touchent en moyenne 15% de moins.

Pour enfoncer le clou, la Commission européenne chiffre à seulement 3% la proportion de femmes à la tête de grandes entreprises cotées en Bourse.

Pas mieux en politique

Cette faible représentation dans la caste fermée des «décideurs» se retrouve largement à l'échelon politique, où la chancelière allemande Angela Merkel, la présidente finlandaise Tarja Halonen et ses homologues lettonne Vaira Vike-Freiberga et irlandaise Mary McAleese font figure d'exceptions.

Le nombre de femmes ministres ne dépasse 40% que dans trois pays (Finlande, Espagne, Suède). Le compteur stagne sous les 20% dans 15 autres, dont la France, la Pologne et l'Italie (moins de 10%). Au niveau parlementaire, seuls le Danemark et la Suède s'enorgueillissent de plus de 40% de députées.

Préposée aux corvées

En dépit des progrès et de l'évolution des moeurs, un constat s'impose: dans de nombreux pays européens, l'image ancienne de la «maîtresse de maison fée du logis» n'est pas franchement éloignée de la réalité.

«En moyenne, les femmes de 20 à 74 ans consacrent beaucoup plus de temps que les hommes au travail domestique», résume pudiquement Eurostat. Si l'écart est de «moins de 50% en plus» en Suède, il varie du simple au double en Pologne, au triple en Estonie et Lettonie, voire au quadruple en Italie et en Espagne.

De fait, la journée-type d'une Italienne ou d'une Espagnole n'a rien d'une partie de plaisir: cinq heures vingt minutes de corvées ménagères pour la première, 4h55 pour la seconde, dont 1h54 et 1h49 à préparer les repas et 1h30 à 2h consacrées au tryptique «ménage- lessive-repassage».

Leurs compagnons n'ont presque jamais vu la couleur d'une éponge, d'un balai ou d'un paquet de lessive, mais les autres Européens ne sont pas en reste. Le Belge, le Suédois et le Britannique, les plus coopératifs au dégraissage des assiettes, y sacrifient en moyenne... une dizaine de minutes par jour.

(ats)

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