Actualisé 26.02.2020 à 10:52

Economie circulaireLa fibre écolo fait tourner le marché du seconde main

Surchargés depuis longtemps, les services caritatifs de revente de meubles voient arriver une nouvelle offre et une nouvelle clientèle: les jeunes sensibilisés au recyclage.

von
Pauline Rumpf
Emmaus Etagnières (VD)

Emmaus Etagnières (VD)

Brigitte Besson

Quiconque a déjà tenté de se débarrasser d'un meuble auprès d'une oeuvre caritative en a déjà fait l'expérience: ces dernières sont assez sélectives et n'hésitent pas à refuser des objets même en bon état. Surchargées, elles n'acceptent que ce qu'elles sont sûres de vendre, faute d'espace de stockage. Même le service de vente de Facebook, Marketplace, surchauffe au point que des offres de qualité se perdent dans le flot d'annonces.

Des clients plus jeunes tournés vers le vintage

Or, cette abondance d'offres est devenue encore plus vraie ces dernières années, constate par exemple le gérant du Galetas à Lausanne. Et ce depuis l'avènement du vintage, mais aussi d'une prise de conscience écologique poussant les citoyens à moins jeter et (un peu) moins acheter. «Il y a eu un tournant l'an dernier, explique Olivier Gretler. Il concerne les jeunes, mais pas seulement.» Responsable de Gloryland, situés très prés de l'Unil, de l'EPFL et de l'ECAL, André Bonzon va plus loin. «Depuis 2 à 3 ans, la clientèle estudiantine a beaucoup grossi. Ce sont des clients très agréables. Ils achètent plus de meubles anciens, tandis que les clients d'âge mûr ne veulent que du moderne.»

Ikea et Conforama ont changé le marché

Le marché du low-cost a d'ailleurs transformé la demande en matière de meubles, estime Julien Stern, coresponsable d'Emmaüs à Etagnières. Les changements de mobilier à bas coût sont facilités, le volume en circulation augmente, et «le temps d'attente avant de pouvoir venir vider un appartement est d'environ un mois tellement l'agenda est rempli», confie-t-il.

André Bonzon abonde: il est aujourd'hui plus courant de donner pour racheter que de garder. «Le vidage complet d'un appartement se fait plus fréquent depuis 5 ou 6 ans. Il y a beaucoup de déchets dans tout cela, mais on récupère plein de choses qui se revendent. Auparavant, on se séparait peut-être moins des vieux meubles de famille.»

Des trésors devenus des broutilles

Nombre de biens autrefois de grande valeur sont aujourd'hui boudés des clients. Les vieilles armoires vaudoises en bois massif estimées à 15'000 francs il y a quelques décennies partent rarement à plus de 100 francs, si elles trouvent preneur. Les grandes bibliothèques murales, à l'époque très distinguées, ne séduisent plus non plus. Seules les vieilles commodes ou mobilier de cachet séduisent la nouvelle génération. Outre les meubles, la catégorie «petites bricoles» est par ailleurs submergée par les dons de DVD et les CD.

L'électronique n'est pas épargnée

Spécialisées dans la réparation et la revente d'électronique, La Bonne Combine est tenue comme les autres revendeurs d'accepter tous les types de produits se trouvant dans ses rayons. «Les chaînes hifi et autres TV cathodiques affluent à chaque nouvelle technologie, constate Christophe Inaebnit, co-gérant du magasin renanais. Il y a toujours un marché pour l'occasion, mais au-delà d'un nombre de générations d'appareil, on cesse de réparer car il n'a plus d'acheteurs.»

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