Actualisé 22.10.2019 à 07:58

GenèveLa fiesta perpétuelle tape sur les nerfs des voisins

Des jeunes ont investi une place destinée aux enfants. Un retraité se bat pour les chasser, mais la tâche se révèle ardue.

de
Lucie Fehlbaum
Les occupants nocturnes des lieux laissent traîner leurs déchets.

Les occupants nocturnes des lieux laissent traîner leurs déchets.

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«Je pense aux enfants, mais aussi à mon sommeil. Je suis fatigué.» Le combat mené par Paul* épuise ce retraité des Avanchets. Au pied de son immeuble, la place de jeux des Marronniers est squattée par des jeunes, plus intéressés par la boisson et la drogue que par le carrousel. «Ils sont dix-quinze, ils écoutent de la musique tard, dealent face à 630 chambres, laissent derrière eux déchets et tessons. Les enfants ont déserté les lieux.» Une quarantaine de voisins ont signé une pétition. L'un juge les occupants «gonflés de dealer à la vue de tous». «J'ai interdit à mes enfants de traverser la place», confie une maman.

Paul a signalé le problème à la Mairie de Vernier, aux agents municipaux et aux correspondants de nuit. Ceux-ci ont effectué un «énorme travail», juge le maire, Martin Staub. «Des poubelles ont notamment été installées. Elles sont utilisées.» L'élu parle d'une «situation pas idéale», mais à relativiser. «Le problème est traité autant que possible. Je suis optimiste; un jour, il sera réglé.»

Paul, lui, voit peu de changement. «L'été est la pire période, bien sûr. Un îlotier nous a proposé de déménager ou d'inverser séjour et chambre.» Pour Martin Staub, l'idée est «une réponse individualisée pour pallier la souffrance de cet habitant. On ne pourra pas supprimer tout le bruit.» Pour Paul, c'est un comble. «La police est efficace pour déloger ces jeunes (lire ci-dessus). Il est donc possible de rendre cette place aux enfants et le sommeil aux habitants.» 

*Prénom d'emprunt

Police mobilisée

Le ministre genevois de la Sécurité confirme avoir été contacté par Paul. Pour Mauro Poggia, il serait «injuste de prétendre que la police n'intervient pas assez souvent» dans le quartier. «Des actions planifiées sont prévues et entreprises par la police cantonale, en plus de celles de la police municipale», explique-t-il. Le conseiller d'État rappelle que les habitants peuvent appeler le 117 et affirme aussi que la police de proximité a «entrepris d'autres actions avec les acteurs locaux afin d'améliorer la situation».

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